A LA DECOUVERTE DE SOI, D’AUTRUI ET DE L’AILLEURS…
POURQUOI CE CHOIX ?
- Ce projet d’éveil culturel et artistique ARTAM, tout comme le précédent, est intimement lié à notre projet de vie axé sur la Confiance en soi.
- Lors d’une réunion d’équipe, il nous a paru évident d’approfondir ce thème qu’est la confiance en soi et de l’axer, cette année, plus particulièrement autour du corps, de l’image, du schéma corporel.
- C’est « un thème fondamental dans la problématique du développement de l’enfant quant à la construction de son identité et de son ancrage culturel », précise Martine JARDINE (1996).
En effet, c’est par son corps que l’enfant explore son environnement, exprime ses émotions les plus intimes, celles qui l’animent, celles qu’il ne dit pas et celles qu’il doit taire, en lien avec sa propre histoire, celle de sa famille et de sa culture d’appartenance. D’ailleurs, le langage qu’il ne maîtrise pas encore va passer par son corps et dans ses actes.
DE LA COMPLEXITE DU CORPS…
- Ce corps qui sépare l’individu des autres est à l’interface de l’intériorité et de l’extériorité, de l’intime et du social.
- La prise de conscience de l’identité corporelle de l’enfant s’effectue à travers les étapes de son développement via plusieurs dimensions : affective, cognitive, motrice, relationnelle, psychologique.
- C’est là, toute la complexité entre la différenciation d’avec autrui et la reconnaissance de soi en tant qu’individu unique, que l’enfant va s’approprier au fil de son développement global et de ses expériences tant sensori-motrices que relationnelles.
- L’enfant est un être de mouvement. Le mouvement c’est la vie.
« L’enfant bouge pour le plaisir et pour grandir. L’enfant bouge pour montrer qu’il est là, pour découvrir et maîtriser son corps, pour rencontrer le monde extérieur, pour développer sa connaissance des choses, pour affirmer sa personnalité en se confrontant aux autres. L’activité corporelle, comme le langage lorsqu’il surgit, sont là pour le structurer »°.
DE L’EVEIL CORPOREL A LA DANSE
DE L’ENFANT QUI BOUGE A L’ENFANT QUI DANSE
- L’exploration corporelle est à l’origine de la danse. La danse étant un langage artistique, l’art du mouvement et le corps son instrument.La danse peut aider l’enfant à se réaliser, afin, comme le dit Françoise Dolto « de rendre au corps sa valeur signifiante que l’accès au langage parlé nous fait oublier ».
- « Une danse faite non pour être belle, pour être vue, mais d’abord pour être vécue dans sa dimension intime et collective. Une danse liée à l’exploration des gestes, attitudes et actions naturelles de l’enfant, inspirée de sa manière de vivre et d’imaginer la vie, et non un apprentissage »°…tel sera le ton donné à la valorisation d’ARTAM 2006.
CHOIX DE L’ARTISTE
- J’ai choisi de travailler avec Véronik DE BISSCHOP, artiste en danse contact-improvisation et éducatrice de jeunes enfants. Sa double casquette lui permet d’être au plus des besoins de l’enfant tout en l’accompagnant dans une découverte de lui-même, entre jeu et réalité, entre lui et les autres, entre le dedans et le dehors.
- Véronik précise d’ailleurs, dans la plaquette de l’association « Comme un Ricochet » que « l’enfant met son corps en mouvement par la découverte, l’exploration, l’expérimentation, le regard, le jeu. Le corps en mouvement est la première matière de la danse. C’est une expression spontanée de son imaginaire. Laisser l’enfant entrer en relation avec le corps c’est lui proposer le jeu comme acte créatif. C’est faire une passerelle entre le jeu et la danse ».
- J’ai rencontré Véronik DE BISSCHOP lors d’un festival pour enfants au Centre Polyvalent de Jean Rieux, à Toulouse, au printemps dernier. J’ai tout de suite été séduite par sa façon d’aborder cet atelier en musique, où un éventail d’objets à manipuler étaient disposés au sol et suspendus à un fil. Elle n’a parlé que pour ritualiser le début et la fin de la séance ; elle observait les enfants et entrait dans leur univers par un subtil jeu de miroir. Ainsi, les enfants qui le souhaitaient entraient dans cet univers, devenu commun à un petit groupe, les autres restaient en retrait ou évoluaient de leur côté.
L’ENFANT ACTEUR
Cette année, c’est le choix de toute une équipe qui s’est porté sur un projet axé sur l’éveil corporel. C’est pourquoi, nous souhaitons que tous les enfants y participent, chacun en étant acteur à sa façon.
Si l’on considère les
définitions d’acteur du
Dictionnaire Historique de la Langue Française, aux éditions Robert, il apparaît que :
- Le dérivé latin actor signifie « celui qui agit, qui fait, instigateur » ; dans ce cas, les enfants les « plus grands » sont directement concernés par le fait d’être acteur lors des séances d’éveil corporel.
- En 1689, avec Mme de SEVIGNE, acteur désigne « une personne qui prend part à un jeu » ; là, ce sens conforte la réflexion que j’avais partagée, en ce qui concerne l’évidente rencontre de l’artiste et des « plus petits ».
OBJECTIFS
- Favoriser la connaissance de soi, de son corps qui contribuent à l’élaboration d’une bonne image de soi, d’un bon schéma corporel et par conséquent d’une bonne estime de soi.
- Laisser l’enfant exprimer sa motricité spontanée et écouter, observer ce qu’il propose, afin de l’accompagner et de lui permettre de se construire de nouvelles compétences.
- « Inviter l’enfant à se densifier, à risquer, à laisser vibrer, à jubiler, à reconnaître et transcender la séparation du dehors et du dedans, du Je et de l’Autre, à laisser fleurir ses sens et son cœur »°.
- Valoriser la créativité par le corps, laisser une porte ouverte sur l’épanouissement personnel.
- Utiliser des supports musicaux en lien avec les origines culturelles des enfants afin que la Culture soit considérée dans sa dimension la plus globale.
- Inclure les parents comme partenaires de ce projet.
N.B : °extrait tiré de « Le jeune enfant, son corps, le mouvement et la danse », sous la direction de G. HERMET et M. JARDINE, paru aux éditions Eres en 1996.