La colère dans le processus du développement psychomoteur de l'enfant, est utile à la construction de sa personnalité. Je suis Educatrice Spécialisée et je travaille en IEM (Institut d'Education Motrice), dans un jardin d'enfant médicalisé (JEM), acueillant des polyhandicapés. Souvent les familles font face à la colère de l'enfant et ne savent que faire, qu'en faire. J'ai décidé de faire un écrit pour ces familles.
Nous, parents et éducateurs, sommes, au quotidien, confrontés à la colère, au refus, de l’enfant.
Souvent les questions ; pourquoi, comment, est- ce normal, comment faire, émergent de nos discussions.
Une visite guidée du coté du développement psychomoteur semble utile et dédramatisera bien des situations.
On parle en général d’étapes du développement, sachons que ces étapes ne sont pas figées.
Les éléments du développement, qu’ils soient ; Moteurs, sensoriels, psychologiques ou affectifs, sont indissociables et les inter- relations entre ces secteurs très étroites.
Cependant il faut prendre conscience que les atteintes cérébrales, motrices ou sensorielles, les handicaps, vont gêner le développement de l’enfant.
Ici, nous nous intéresserons principalement à l’objet de notre interrogation, cette colère qui, nous allons le découvrir, est une émotion normale.
La colère fait partie du développement de l’affectivité. Autour de 2 ans l’enfant entre dans une période dominée par l’affirmation de soi (accès au symbolique, au langage, le Non, acquisition de la propreté...). L’enfant veut que l’on s’occupe de lui, comprendre le monde des adultes, ce qui est du domaine du possible et de l'impossible, ce qui est autorisé, ce qui est sanctionné. Il va jusqu'à commettre des "fautes", imposer ses caprices (les caprices en tant que tels n'existent qu'à partir de 6-7 ans, car ils supposent une intentionalité, qu'un très jeune enfant n'est pas capable d'avoir en lien avec sa maturité) ou avoir des attitudes que l’adulte qualifiera de dangereuses, pénibles, pour attirer son attention.
L’enfant utilise les colères contre autrui pour se persuader qu’il est grand, mais il ne sait pas s’en sortir lui-même. Il est prisonnier de ce qu’il a forgé.
La phase d’opposition est obligatoire et tous les parents et éducateurs doivent être préparés à se heurter à l’opposition de l’enfant.
La colère n’existe pas sans le désir d’une action cohérente et organisée, sans le désir de briser avec la tutelle parentale, sans le souci de ne pas faire comme quand il était petit.
De très nombreux auteurs, psychologues, psychanalystes, pédagogues, pédiatres ont élaboré leurs théories sur le développement psychomoteur et psychologique de l’enfant.
Donald Winnicott ; Il est sain qu’un BB apprenne à connaître l’étendue de sa rage. Il ne se sent pas inoffensif lorsqu’il est en colère.
Henri Wallon ; A 3ans il s’agit de la phase d’opposition, du négativisme, l’enfant à des réactions de prestance (narcissisme), c’est également une phase d’imitation, de jeux d’alternance passivité- activité.
Arnaud Gesell ; Certains enfants manifestent pleinement et plus longtemps qu’il n’est commun, le comportement expansif difficile de certaines périodes. Le contraire est vrai aussi. Certains enfants accentuent les âges doux et faciles.
Cela constitue seulement l’une des multiples manières suivant lesquelles la personnalité peut s’exprimer.
Nous pouvons, à travers les âges de l’enfant, constater que la colère est présente, qu’elle fait partie des émotions que l’enfant éprouve, et, qu’elle est utile à la construction de sa personnalité.