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L'inconscient à la crèche

27/05/2006 - Lu 7757 fois
Résumé et analyse de l'ouvrage de Denis MELLIER: "L'inconscient à la crèche -Dynamique des équipes et accueil des bébés", proposé par Armelle.

1. PRESENTATION DE L’OUVRAGE :

2. RÉSUMÉ DE L’OUVRAGE :

Qu’est ce qu’accueillir ? C’est mettre en œuvre notre capacité à devenir un « contenant », à s’ouvrir à la relation, à l’inconnu.
A partir de ce constat, le fait d’être contenant pour une équipe s’avère donc primordial pour un accueil de qualité de l’enfant et de sa famille. Selon « l’appareillage » de l’équipe, selon la manière dont elle se structure psychiquement et dans les faits, on peut supposer de la bonne santé de cette équipe, de ses capacités à recevoir et à transformer les anxiété de l’enfant et de sa famille.

Il est tout d’abord question de la manière dont est pris en charge l’enfant, si le professionnel dit « accueillant » s’autorise ou non une relation privilégiée avec lui (qu’elle soit positive ou négative). Pour l’accueillant lui-même, tout semble être une question de désir, soit la place de son narcissisme dans la relation, ses projections sur l’enfant, sur la famille, et la façon dont ce narcissisme est perçu, contenu dans l’équipe.
Travailler cet espace de relations ne va pas sans travailler avec des souffrances, avec des représentations de l’Enfant et est soumis à des résistances contre le changement, la nouveauté, qui pourraient venir bouleverser l’équilibre existant.

Ainsi, les projets et les changements en vue d’améliorer la qualité de l’accueil, ne se mettent donc pas en place sans certaines précautions et sans prendre en compte les résistances de chacun des membres d’une équipe. Or, souvent toute évolution passe par des conflits. Pour être une et oeuvrant vers un même but, une équipe professionnels de la petite enfance se doit d’effectuer un travail long de renoncement à un enfant idéal, et de s’orienter sur ce qui fait difficulté dans leur relation avec l’enfant et les parents.
C’est pourquoi, la question de l’attention donnée aux enfants est posée ici en terme de capacité à contenir et en terme de sujet focalisant pour avancer ensemble. Porter une attention, c’est aussi poser sa place de professionnel, prendre en compte les interactions entre enfants, avec l’enfant ou un groupe d’enfant, avec la famille.
Il est ici posé la cadre de toute dynamique de groupe accueillant la famille. L’auteur, Denis Mellier, part de la thèse selon laquelle tout mode de garde proposant cet accueil est un partenaire du bien être physique et psychique de la vie de l’enfant et de sa famille. L’enjeu de cet accueil porte à la fois dans ce qui se joue pour l’enfant (sa vie psychique) et dans la vie institutionnelle d’une structure. Il apporte de ce fait un concept permettant de penser ce qui est à l’œuvre dans une équipe, soit son « appareillage psychique ». Il tente d’en dégager les mécanismes sur la base de sa longue pratique de psychologue clinicien : que se passe t-il dans une relation privilégiée avec l’enfant, lors d’un changement d’organisation, comment s’articulent les conflits d’équipe, comment s’élaborent les liens entre l’accueillant, l’enfant, le groupe d’enfant, la relation aux parents, comment peuvent être contenues les anxiétés des accueillis, les crises dans l’équipe, en quoi les changements bousculent-ils les équilibres d’une équipe ?

Accueillir l’enfant et sa famille mobilise bien tout un appareillage psychique complexe où les narcissismes des uns, les réticences des autres viennent participer à un équilibre (bancal soit-il) dans la relation. Or, l’enfant peut être souvent ignoré dans sa réalité psychique, contenir ses anxiétés c’est avoir la capacité de lui restituer des éléments qu’il peut psychiquement assimiler. Un enfant pleure, pourquoi, comment, cela fait référence à quoi ?
C’est en qualité de psychologue, intervenant en crèche, que D. Mellier nous propose d’envisager la croissance de la dynamique d’équipe autour de cette notion d’attention et de prise de recul par l’outil essentiel de son travail clinique, la réunion en équipe, avec les parents. Tout se passe autour des pratiques d’accueil de l’enfant et de ses parents, de la façon de travailler avec un groupe d’enfants. L’idée de relation privilégiée positive avec l’enfant peut ainsi être posée comme un certain idéal, vers lequel s’oriente la construction d’une dynamique d’équipe, pourtant en proie à ses propres tensions internes et qui l’empêchent souvent de trouver des issues vers le changement. Des difficultés émergent en réunion, sont révélées, mises à jour, elles peuvent par là même être conflictualisées, plutôt que d’être latentes. C’est par exemple reconnaître qu’un enfant est rejeté, qu’un autre est privilégié. L’équipe peut alors porter attention à ce qui se joue au sein de ses relations. La dynamique d’une équipe suppose donc une aptitude au changement, ce jusqu’à l’élaboration d’un nouvel appareillage psychique. Mais cela ne pourra être effectif que par le travail médiateur que posent des temps de réunion, par l’association des points de vue, soit un rassemblement de l’équipe autour de sa tâche.
Pour le psychologue, la réunion d’équipe constitue bien un lieu commun et nécessaire à toute dynamique d’équipe, un espace de contenance où peuvent émerger la reconnaissance de l’autre, des projets, un idéal propre à l’équipe.

La suite de l'article :
L'inconscient à la crèche - suite
Auteur : Armelle CLAIN infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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