Elisabeth MAHEU fait partie du M.A.N, Mouvement pour une Alternative Non Violente en Normandie. Elle œuvre précisément pour une prévention de la violence et la gestion des conflits, aussi en tant que formatrice à l’IUFM, en Normandie.
A son sens, écoute, formation et débat est un triptyque qui fait avancer et du coup mieux vivre ensemble, en instaurant un climat de confiance.
Elle précise tout d’abord que pour certains « sanctionner » « sans punir » peut être considéré comme une aberration dans le sens où si l’on sanctionne on punit forcément.
Mon interprétation est celle-ci :
- § Sanctionner c’est faire preuve d’autorité, et l’autorité c’est ce qui permet aux enfants de grandir, en leur donnant des limites à la fois contenantes et sécurisantes. D’après le dictionnaire historique de la langue française, « autorité vient du latin auctoritas, qui signifie le fait d’être fondateur, conseiller, instigateur, garant ».
« Sanction : - peine ou récompense provoquée par une certaine manière d’agir.
- conséquence résultant d’une façon d’agir ».
Les deux sens de ce mot étant souvent méconnus, le non-sens du
titre de l’ouvrage, interprété comme tel par certains, devient
alors compréhensible.
- § Punir, c’est une façon de faire preuve d’autoritarisme, de poser un acte qui n’a pas forcément de sens et qui n’ouvre pas au dialogue, au consensus. D’après le dictionnaire historique de la langue française, « le verbe punir a conservé son sens de base : infliger un châtiment ». C’est la raison pour laquelle je ne dis jamais d’un enfant ou à un enfant qu’il est punit mais qu’il réfléchit à ce qu’il a fait.
C’est pourquoi, pour Elisabeth MAHEU, le triangle :
La réparation
Le sens de la règle
Le sens du message de l’enfant qui transgresse.
est une bonne approche de la façon dont on va poser un acte d’autorité en rendant irrévocable ce qui a été posé comme non négociable.
Ainsi, demander à l’enfant ce qu’il décide de faire pour réparer sa transgression, son erreur :
C’est ne pas être dans le déni.
C’est ne pas faire preuve d’autoritarisme, qu’E. MAHEU qualifie de « flagrant délit d’autorité ».
C’est redonner de l’importance à la règle transgressée.
C’est garantir la sécurité physique et affective des enfants.
C’est permettre à l’enfant de ne plus être dans l’illusion de la toute-puissance.
C’est considérer l’enfant comme un individu pensant.
C’est lui permettre de prendre ses responsabilités vis-à-vis :
De lui-même
Du garant du cadre
De la loi
Du groupe auquel il appartient.
Ainsi, une
sanction positive c’est faire d’un événement de transgression une occasion de se réconcilier avec soi-même et de réparer.
Parce que qu’exclure, étymologiquement, signifie enfermer en dehors du groupe ; au risque, à mon sens, de stigmatiser un comportement, un enfant et de l’enfermer dans son schéma de vie.
Elle précise d’ailleurs que « la récompense est le faire-valoir de la punition » et que les rites ont une fonction constructive, parce qu’ils sont sécurisants.
Attention aux mots que nous posons sur un acte. Il est fondamental que :
Nous prenions de la distance, en introduisant du tiers.
Nous distinguions ce qu’on fait dans l’urgence et ce qu’on fait dans l’après-coup.
Nous fassions attention à une rigidité éventuelle de notre part.
Nous soyions vigilantes aux jugements et à la généralisation.
Nous différions ce qu’on va faire et dire.
Nous ayons des ressources pour l’après à gérer.
Nous réfléchissions sur le triangle.
Une question essentielle émerge alors et qui me fait particulièrement écho : quels moyens je me donne pour faire attention à tous les enfants du groupe et pas uniquement à ceux qui fon du bruit ?
Parce que les enfants, dits perturbateurs, ont, eux, trouvé un moyen pour exprimer leur souffrance.