Réflexions sur le conte, proposées par ElineDepuis un certain temps, je me passionne de littérature enfantine et prend plaisir à lire des livres aux enfants, les laissant aussi explorer le livre par eux-même.
Cependant, j'étais sans aucun doute très dépendante du livre, surement car avoir un support rassure l'adulte qui n'a pas à trop à se mettre en jeu, si ce n'est bien sur, en mettant le ton et en rendant vivant la lecture.
Mais raconter une histoire, sans rien, sans livre ? Est-ce possible ?
Dès ce moment de prise de conscience,le conte m'a passionné tout autant. Car c'est un moyen fabuleux pour permettre à l'enfant de développer son imaginaire. C'est lui qui se crée des images, et non nous qui lui en imposons par le biais du livre ou de la marionnette qui est comme ça (un ours en marionnette impose une image de l'ours comme ça), ce qui par ailleurs, ne réduit pas l'intérêt d'utiliser aussi le livre et les marionettes ! Bien sur, c'est complémentaire et les intérêts sont différents.
On entend souvent "les touts-petits ont besoin d'images concrètes". Oui, mais pas seulement. Et on peut soi-même se mettre en jeu et leur proposer une histoire.
Je parlerais donc ici de la formation que je viens de faire avec Ralph Nataf qui est conteur professionel et formateur. J'ai pu suivre une formation très complète avec lui dans le cadre de l'association "conte raconte en côte de nacre". A raison d'un dimanche par mois, il nous fait travailler différents contes pour tout public et nous apprenons autant en racontant qu'en écoutant les autres raconter. J'y ai appris en tout premier lieu à faire vivre l'histoire en rendant ses personnages réels, avec leur propre caractère et identité. Il faut vivre avec le personnage pour qu'il nous devienne familier, le voir rire, parler, marcher...
Quand on parle d'une maison, il faut la voir et la regarder.
Par exemple, c'est magique quand dans une histoire on parle d'une étoile, on la regarde en haut et là, tout le groupe d'enfants lève les yeux dans la même direction.
Aves ce même formateur, j'ai pu suivre une formation de 2 jours sur le thème "conter aux tout-petits" et c'est ce sujet que j'aimerais partager. < /p>
Il y a pour eux l'importance des sonorités parfois plus que des mots. On pourra ainsi trouver des onomatopés, jouer avec les rimes... et là à chacun sa créativité !
Les rituels que l'enfant peut prévoir et attendre sont aussi importants. La répétition n'est plus inutile au contraire, elle se révèle indispensable.
Bref, c'est moins facile et demande du travail. Mais cela développe pour la personne qui conte beaucoup de créativité tout en donnant au tout-petit un espace imaginaire qui le plonge dans des univers qui peuvent lui parler au plus profond.
C'est un moment à partager et à tenter !
Autre réflexion : le conte est aussi pour moi une réaction à la société de consommation. Pour conter, on a besoin que de soi-même, c'est gratuit et chacun y prend ce qu'il veut !
Pour en savoir plus sur Ralph Nataf, voir: Ralph Nataf - Conteur