Introduction de Nicole FOLCH
Le Centre Culturel de Colomiers accueillant l’exposition des Editions du Rouergue du 11 Avril au 04 Mai 2005, il a semblé judicieux aux membres du CRILJ de comprendre l’univers original de ces éditions indépendantes, en invitant en avant première un de ses auteurs.
Nicole remercie par ailleurs la mairie de Colomiers d’
accueillir le
CRILJ au sein du Centre Culturel et de lui avoir alloué une salle pour cet événement.
Elle propose alors à Sandrine LEPRON, représentante de l’action culturelle sur Colomiers, de présenter le programme des festivités.
Nicole présente enfin Jean-Claude BARRERE, l’âme du
CRILJ depuis de nombreuses années, qui va interviewer Frédérique BERTRAND.
Présentation du CRILJ et de F. BERTRAND par J.C BARRERE
IL parle du
CRILJ comme d’un espace de rencontre et de parole qui initie et forme, chacun de ses membres, à un regard autre sur la littérature jeunesse.
Et c’est en quoi, F. BERTRAND incarne ce point de vue du créateur qui expose les valeurs familiales et celles du quotidien tout en distillant du second degré, du décalage, tel un clin d’oeil aux adultes qui lisent le livre aux enfants.
Frédérique BERTRAND parle de son parcours
Ses 5 années passées aux Beaux Arts, lui permettent de prolonger sa recherche personnelle, sa quête de la créativité et du plaisir dans le travail.
Ce cheminement la mènera, en 1994, sur les pas de Didier DOUZOU, qu’elle séduit au travers de son personnage nommé « Cancrelat ».
Elle gagne sa vie surtout grâce à son travail dans la presse écrite (Libération et Télérama), en indiquant alors que ses droits d’auteur-illustratrice correspondent à 8% du prix d’achat du livre, à 5% en tant que simple illustratrice et 3% en tant que simple auteur… et qu’elle ne réalise pas suffisamment de livres pour le Rouergue, pour en vivre.
Frédérique BERTRAND a aussi récemment participé à la conception graphique du site internet d’ARTE.
Elle précise qu’elle ne cherche pas à faire des livres pour les enfants, mais des livres dont la lecture se situe à plusieurs niveaux ; en effet, elle part du principe que chacun d’entre nous s’approprie la réalité telle qu’il la perçoit, ainsi sa proposition de l’image est la même pour les enfants dans la littérature jeunesse et pour les adultes dans la presse écrite.
Elle se régale à confectionner des livres qui traitent plus d’un univers qu’elle a envie d’explorer que d’une histoire à raconter, des livres qui font lien entre les générations, des livres qui ne sont pas des histoires du soir…
Analyse du contenu de ses livres
Pour elle, la page de garde est comme l’antichambre du livre et le début de l’histoire et elle se plaît à démarrer l’histoire dès la 2ème page et non la 3ème comme traditionnellement cela se fait.
Dans ses livres, les adultes sont toujours démesurément grands par rapport aux enfants et parfois sont tronqués ; seuls leurs bras apparaissent et les femmes, les mères s’énervent forcément à un moment de l’histoire, comme si les cris et ces bras démesurément allongés étaient les ultimes liens entre les adultes et les enfants.
Frédérique BERTRAND se plaît à faire des zooms comme au cinéma, à jouer avec les couleurs, qu’elle préfère « enterrées », et la typographie pour accentuer les émotions de ses personnages.
Elle se régale à faire des clins d’œil aux adultes, à faire des jeux de mots, des références aux cartoons, à des œuvres artistiques, à détourner des objets pour nourrir l’imaginaire des enfants et faire sourire les adultes, à casser le rythme de l’histoire pour réveiller le lecteur et aiguiser son esprit critique…
Conclusion de Nicole FOLCH
«On ne regardera plus un livre des Editions du Rouergue comme avant » tient à préciser Nicole.
En effet, ces livres ont ouvert une brèche dans la littérature jeunesse grâce notamment à l’univers artistique qu’ils offrent aux enfants.