J'ai voulu mettre à jour tout ce que les enfants ont à gagner à être mis au contact de la nature pour leur développement moteur et sensoriel.IL FAUT CULTIVER SON JARDIN
VOLTAIRE, 1983, p.125
INCULQUER A L'ENFANT LE RESPECT DU MILIEU NATUREL
Convention internationale des droits de l'enfant, 24 Novembre 1989, article 29
UN LOPIN DE TERRE, UNE TIGE DE ROSEAU SERVIRA LA CROISSANCE DE TES MARMOTS.
TRYO, 1999, L'hymne de nos campagnes.
L’enfant possède une curiosité naturelle et une proximité physique avec la nature, il en est sans nul doute le plus grand observateur spontané car tout l’intéresse. Il aborde la nature sans à priori et de façon réellement interrogative car il en est souvent ignorant.
La nature va lui permettre un éveil des sens :
La nature permet également de structurer sa personnalité et de relativiser sa place. On est plus grand qu’une fourmi, mais plus petit qu’un arbre, il existe un cycle qui est fait de vie et de mort, les êtres vivants croissent.
Au niveau cognitif mettre l’enfant au contact de la nature c’est lui permettre de percevoir le cycle des saisons, d’expérimenter la notion du temps, celle de la distance, c’est aussi l’aider à faire des relations entre les phénomènes. Par exemple la pluie qui tombe du ciel arrose le jardin, le soleil fait sécher.
La nature grâce à des manipulations permet une première approche des notions de poids, de volume, l’observation de la transformation de la matière, neige qui fond, feuille qui sèche, graine qui germe.
Au niveau intellectuel le contact avec la nature permet de développer le respect du vivant. C’est en observant que l’on se rend compte que les plantes et les animaux vivent, que les écraser ou les arracher les empêche de grandir.
La notion de responsabilité est également abordée car l’enfant peut être responsable d’une plante ou d’une parcelle. C’est alors à lui de faire le nécessaire pour que l’action réussisse.
La nature est également une école de la patience. On ne peut pas faire accélérer les choses, même si on le souhaite, ce qui est un bon caractère éducatif puisque l'enfant pour se développer a besoin de frustrations, que ce sont elles qui l'aident à se construire.
Seulement pour réaliser toutes ces expériences et toutes ces «rencontres » il est préférable que l'enfant soit accompagné par un adulte qui le suit et le soutient dans ses découvertes. Mais surtout qui laisse le temps aux choses de faire sens dans la tête de l'enfant
Le rôle de l'adulte sera de mettre en mots ce que l'enfant vit en veillant à la précision des termes employés, des descriptions.
Pour cela il est préférable qu'il ait un minimum de connaissance dans le domaine des plantes et des modes de vie animaliers, mais il doit également savoir qu’introduire la nature dans une structure, cela suppose de fournir des soins adaptés et attentifs en faisant participer le jeune enfant.
Ce rapport à la nature et l’importance de ce rapport sont présents chez la majorité des auteurs ayant abordé la pédagogie active.
En effet on retrouve ces idées chez des auteurs comme Jean-Jacques ROUSSEAU, Ovide DECROLY, Maria MONTESSORI, Célestin FREINET, pour ne citer qu’eux.
Pour ces auteurs la nature est un bon soutien et un support éducatif, alors pourquoi tout en gardant la pensée de ces personnages en a t on gommé une partie ?
Nous sommes sensés aider le jeune enfant à se développer, alors pourquoi le privons-nous du soutien de la nature ?
Dans un cadre plus professionnel il ne faut pas oublier qu’Alice MILLER dans son livre, «l'avenir du drame de l’enfant doué » disait ceci :
Le seul endroit où les enfants peuvent exprimer leurs sentiments est la nature
car là au moins ils sont surs de ne pas blesser leurs parents.
Dans nos professions nous sommes conscients de l’importance pour l’enfant d’exprimer ses sentiments profonds, alors soutenons-le de toutes les façons possibles !
Le thème de mon mémoire se dégage fortement de cet avant propos, en effet la question qui se pose est :
La nature est-elle un réel soutien au développement de l'enfant, et contribue-t-elle à la construction professionnelle d'un éducateur de jeunes enfants ?
Cette question m'est venue au cours de mes stages, en particulier celui à responsabilité. En effet, les enfants sont rarement au contact du monde extérieur. Est-ce un choix pédagogique ou une résultante de la politique actuelle ?
C'est pourquoi au sein de ce mémoire, j'ai choisi de présenter la structure ou j'ai réalisé mon dernier stage. Puis m'appuyant sur une définition de la nature et une présentation des textes de loi j'ai essayé de comprendre pourquoi la nature est aussi absente des établissements de garde d’enfants.
Suite à ce constat j'ai voulu mettre à jour tout ce que les enfants ont à gagner à être mis à son contact pour leur développement moteur et sensoriel.
Mais plus que les enfants c'est le futur professionnel qui peut également en retirer des avantages.
Cependant celui ci doit savoir se détacher de ce support et s'ouvrir à d'autres pratiques pédagogiques afin d'être un professionnel complet et compétent, en tout cas essayer de l'être dans de bonnes conditions.