« De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête »
L’éditeur : Milan (en France)
L’année d’édition :
-1989 en Allemagne
-1993 en France, réédition en 1999 et sorti du livre en petit format en 2000
L’auteur et l’illustrateur :
Werner Holzwarth (auteur) & Wolf Erlbruch (illustrateur)
Adapté de l’allemand par Royenn Destouches et Gérard Moncomble
C’est l’histoire d’une petite taupe qui reçoit un « caca » sur sa tête et qui part à la recherche du coupable. Elle va demander à tous les animaux qu’elle rencontre si c’est lui qui lui à fait sur la tête. Elle rencontre ainsi le pigeon qui lui dit que non et lui montre comment il fait ; puis c’est le tour du cheval, du lièvre, de la chèvre, de la vache et du cochon. Elle fini par rencontrer les mouches et leur demande de l’aider à savoir qui lui avait fait sur la tête. Elles vont renifler le « caca » et affirment rapidement que c’est un chien. Cette fois la petite taupe sait que le coupable est Jean-Henri le chien du boucher. Elle va donc se venger en lui faisant « caca » sur la tête, puis elle retourne sous terre là où personne ne peut lui faire sur la tête.
Le texte comprend deux parties narratives et des dialogues. Les deux parties narratives sont :
De plus le texte est constitué d’une partie initiale (qui a fait sur la tête de la petite taupe), de rencontre, de la découverte de la vérité, de la chute (vengeance) et de la situation finale (retour sous terre).
C’est un langage courant, familier ; un bon français simple et concis. Les mots sont simples et donnent le ton du récit.
Il s’agit d’un récit entrecoupé de narration et de dialogues. Les mots sont simples, le tout donne le ton du récit. Le temps du récit : -le passé simple pour la narration ; -le présent pour les dialogues.
Elles sont construites de manières à donner le rythme du récit. Elles sont longues et ponctuées légèrement pour susciter l’attente, suivi d’une phrase courte pour entrer dans l’action à la première page et pour la partie entre parenthèse, malgré tout les phra-ses de narration restent plus longue que celles du dialogues. Les phrases du dialogues sont brèves, ponctuées en fonction du sentiment à faire passer (interrogation, exclamation).
Celui-ci est donné par quatre axes :
Il y a la répétions des rencontres et surtout de la question qui revient jusqu’au cochon inclus (confère le catalyseur). Mais on peut parler aussi de répétition car dans chaque échange il est question de « caca », mais là en plus de celui qui est sur la tête de la taupe, il s’agit d’aborder la relation à celui-ci de chaque animal.
Les caractères sont de tailles uniformes avec malgré tout majuscule et minuscule différenciées. Les deux seuls différences de caractères sont une question de taille. La police du dialogue et de la narration du récit sont la même, mais sont différentes de la police de la narration entre parenthèse qui est environ deux fois plus petite. Ceci est un indicateur pour l’adulte car il lui permet de mettre en place l’intonation appropriée qui produit des effets sur l’enfant. La deuxième différence concerne le mot chien dit par les mouches quand elles identifient le « caca », la police est doublé. Cela donne un effet rien qu’avec le regard (sans lire) le texte est parlant.
Sobriété et exactitude des dessins qui correspondent exactement au texte, sans fioritures accrocheuses. Le lien texte image est encore plus marqué par la disposition sur la double page : sur la première quand la petite taupe pause la question nous voyons la tête de l’animal, et sur la deuxième quand l’animal répond nous voyons son postérieur.
Les couleurs rappellent toujours la « crotte », collent à la réalité même si elles sont toujours un peu plus foncées (ce qui nous ramène à la première observation). De plus les proportions, les dimensions et les formes sont respectées entre les différents personnages et leurs excréments. Par exemple, la petite taupe est bien plus petite que la vache, elle doit lever haut la tête pour lui parler ; ou bien lorsque la petite taupe fait caca sur la tête du chien, la crotte fait toute petite sur le haut du crâne du chien.
Il n’y a rien de spécifique au niveau du touché, car ce n’est pas le but du livre. Même si a mon avis le toucher du papier apporte une sensation particulière.
L’image est donc lisible et parle d’elle même. Cet album aurait pu être un imagier. Le texte apporte donc une dimension plus complexe, mais néanmoins remarquable. Il me semble qu’il y a un rapport de qualité enter le texte et l’image.