Manifeste rédigé par La coordination nationale d'associations et collectifs de directeurs responsables petite enfance : CADRE PE - IPSE; le 13 janvier 2007, à Paris.Relayé par Dominique HEBERT, directrice de la halte garderie "Main dans la Main" à Gouesnou dans le Finistère, le 15.02.2007 par courriel, pour Passerelles EJE.
Il nous semble plus que jamais essentiel que le secteur de la petite enfance s'exprime sur ce sujet. Il nous reste à réfléchir et inventer les articulations possibles entre les différentes organisations.
Notre coordination émerge de la volonté partagée de voire reconnaître la primauté de l'enfant et de sa famille par rapport à la logique comptable et les nécessités de compétences professionnelles au sens large et celles des directeurs en particulier dans le secteur de la petite enfance. Elle correspond par ailleurs à la recherche de mutualisation des ressources et
expériences indépendamment du statut juridique de l'organisation employeuse (associative, municipale, entreprise capitalistique...)
Loin de toutes véléités corporatistes, nous souhaitons que nos démarches présentes et à venir se situent en complémentarité du travail des fédérations et autres représentations officielles du secteur de la petite enfance.
A l'heure où foisonne une multiplicité de projets de création de crèches et l'annonce d'une augmentation conséquente du nombre de places à l'échelle de l'hexagone (40 000 places annoncées en novembre dernier), un nombre croissant de structures existantes (crèches et haltes-garderies) sont confrontées à des difficultés financières dont l'incidence peut risquer de compromettre gravement leur pérennité. Ces problématiques relèvent pour l'essentiel :
Nous dénonçons plus globalement l'absence de prise en compte du « temps de l'enfant » nécessaire à sa séparation et à sa sécurisation affective au profit d'une logique comptable. Même si nous n'ignorons pas les contingences de coût pour la collectivité, nous ne pouvons nous y soumettre qu'au regard du projet de société qui y est associé. L'enfant ne peut se réduire aux logiques électorales à court terme. L'enfant ne peut être le « wagon » du plein emploi et du tout économique. La seule demande d'accroître la souplesse et la réactivité de l'accueil aux demandes formulées par les familles ou bien encore la « rentabilisation » des places (Niveau de fréquentation exigé à 70% par la CNAF en 2008) ne peut à elle seule constituer un projet politique digne de ce nom.
Alors que la France toute entière se projette sur les orientations et priorités à mettre en oeuvre dans le cadre du prochain quinquennat présidentiel, nous demandons que soit reconnue la toute première importance du jeune enfant au coeur du projet politique et que des représentants des professionnels du terrain soient associés à tout projet portant sur l'accueil du jeune enfant.
Pour ce faire, nous demandons à Mesdames et Messieurs les candidats à l'élection présidentielle de se déterminer et de se prononcer en faveur d'une politique petite enfance digne de ce nom.
La coordination nationale d'associations et collectifs de directeurs responsables petite enfance :