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Le mystère des mères

13/01/2008 - Lu 3772 fois
Ce dossier est une fiche de lecture que j'ai réalisé durant ma formation d'auxiliaire de puériculture, l'ouvrage étudié est « Le mystère des mères » de Catherine Bergeret-Amselek, l'auteur de cet ouvrage est psychothérapeute et psychanalyste. Elle accompagne depuis plusieurs années les femmes enceintes et les pères en devenir en séances individuelles et/ou en groupe.

Le mystère des mères de Catherine Bergeret-AmselekSujet du livre et problématique

Ce livre traite de la maternalité et du devenir mère. L’auteur aborde la grossesse et la maternité sous leurs aspects psychologiques et d’un point de vue psychanalytique.

La maternalité peut se définir comme l’ensemble des processus psycho-affectifs qui se développent et s’intègrent chez la femme lors de sa maternité. Elle commence au désir d’enfant réalisé ou non, se poursuit pendant la grossesse et après l’accouchement, elle s’estompe et s’arrête à la séparation psychique de la mère et de l’enfant (vers la fin de la première année).

Dans le cas d’une crise de maternalité vécue pendant la grossesse, celle-ci n’est pas à entendre comme quelque chose d’anormal, elle est la conséquence inévitable des grands bouleversements corporels, biologiques et psychiques qui en sont la cause.

C’est une crise d’identité nécessaire et curative que se permettront de vivre les femmes soutenues, aidées, entourées et entendues par leurs proches ou par le milieu médical.

Cette étape existentielle de la maternalité est généralement déniée tant par les médecins que par l’entourage et par la mère elle-même.

L’étude de la maternalité faite par l’auteur va passer par différentes idées et thèses que

je vais tenter ici de retranscrire :

Le traumatisme de la maternalité

Le traumatisme est dû, selon les psychanalystes, à un événement trop fort à vivre, trop intense, un événement qui se produit de façon brutale et subite de telle sorte que la personne qui le vit n’a pas le temps ni l’espace de s’y préparer (par exemple la mort subite d’un proche).

Ce qui fait traumatisme est donc une expérience de vie qui bouscule notre organisation psycho-biologique. Souvent la charge traumatique contenue dans un tel événement ne se dévoile que dans une seconde scène de vie qui peut ne rien avoir en commun avec la scène traumatique initiale. L’efficacité de la cure analytique est cherchée dans une sorte de revécu de la scène traumatique : il est question de se souvenir d’un fait oublié, de le revivre et d’élaborer dans la cure ce que ce souvenir fait naître et renaître pour le sujet.

En ce qui concerne la maternalité l’auteur part de l’hypothèse suivante : la maternalité peut non seulement réveiller les chocs antérieurs mais elle constitue à elle seule une expérience tellement intense qu’elle peut provoquer des ressentis qui ne donneront signe de vie que plus tard dans la vie d’une femme lorsque celle-ci sera confrontée à d’autres expériences intenses (de bonheur ou non).

La maternalité par tous les bouleversements physiques et psychiques qu’elle engendre pourrait être utilisée comme une période privilégiée car par le vécu des chocs anciens qu’elle réveille, elle permettrait à celle qui la vit de se soigner. C’est sans doute, dit l’auteur, la période de vie la plus tumultueuse, la plus riche, la plus dangereuse à traverser pour l’identité. Par la multitude de scènes que vit la femme enceinte et par les fantasmes qu’elle éveille et réveille, la maternalité peut constituer l’expérience de vie majeure de la féminalité.

La crise de la maternalité peut s’exprimer sous différentes formes :

  • par le retour à des états archaïques favorisés par la régression narcissique en cours
  • à travers des somatisations (allergies par exemple)
  • dans des mises en actes menaçant la vie du bébé ou de la mère pendant la grossesse ou l’accouchement (fausse-couche, accouchement prématuré, stérilité…)
  • dans des passages à l’acte (IVG)
  • dans des changements d’humeur, dans la boulimie, les nausées, les vomissements.

La mère pourra donc se permettre de vivre et de traverser cette crise si elle est aidée, soutenue, prise en charge par l’entourage, par un psychothérapeute. Ayant intégré cette phase de l’existence, elle en sortira grandie, mûrie. Quant à la médecine obstétricale, elle vise à maîtriser la crise existentielle de la maternalité et les réponses techniques et médicales apportées à la mère ne lui permettent pas de vivre cette crise. La non réponse à la femme dans ce contexte pourra dans le pire des cas la conduire à une psychose du post-partum, ou bien la crise et le traumatisme engendrés resteront enfouis dans l’inconscient de la mère avec le risque de se manifester plus tard lors d’un autre vécu traumatisant.

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Auteur : nathalie commincas infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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