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L'autorité parentale - Débat

22/03/2006 - Lu 4289 fois
Mme MAITRE s'est attachée à répondre aux diverses questions des participants.

Des questions essentielles à se poser

Qu’est ce que les parents décident d’instaurer en matière d’éducation ?
Qui fixent les règles dans la maison ?
A qui doit-on les rappeler ?
La régulation est nécessaire pour qu’on puisse vivre ensemble. En effet, si on bâtit et si on soutient des valeurs, le respect va de soi, même si après l’enfant développe ses propres valeurs.

Les caprices

Jusqu’à 5-6 ans, on ne peut pas parler de caprice, car le caprice suppose l’existence d’une intentionalité, d’une intellectualisation (du temps, de l’espace, de l’ici, de l’ailleurs…), d’une mise en scène de quelque chose.
Entre 0 et 6 ans, l’enfant n’est pas sécurisé lorsque le parent répond à sa demande lors d’une colère. Il est malheureux.
Si l’enfant réitère sa colère, c’est en lien avec la première réponse du réponse du parent. L’enfant pense du coup que c’est ce qu’il doit faire (puisque le parent y répond) car l’enfant se regarde dans le regard des parents.
Ce sont nos réactions qui indiquent à l’enfant si c’est du domaine du possible ou non. Nos manières de répondre peuvent être troublante pour la compréhension de l’enfant.
L’enfant teste pour comprendre car il attend une réponse, car il se situe lui-même et par rapport aux autres.
Mme MAITRE précise d’ailleurs qu’il est fondamental de reposer le cadre pour éviter la surenchère du chantage.

Quand faire assumer leurs choix aux enfants ?

A tout âge, en fonction de la maturité de l’enfant. Il faut juste que les enfants soient dans leur âge, chacun sa place en lien avec sa maturité.
Le sujet sait qu’il peut tester l’interdit et par ce biais teste la position des parents.
S’il y a transgression, le sujet peut ressentir de la culpabilité. La sanction intervient alors pour rééquilibrer et sécuriser.
Par le biais de l’interdit, les adultes font appel à la responsabilité de l’enfant et ils rappellent leur responsabilité d’adultes ;
« Ne donner que ce que l’on peut tenir ».
Il est important de dire les choses mêmes si elles doivent décevoir, même si elles déplaisent. C’est ce qui fait la valeur du langage et le poids des mots.
S’il y a mensonge, ce n’est pas de l’ordre de la transgression de l’interdit. C’est en lien avec la relation parent/enfant, où la communication est paralysée.

Le manque ou le trop d’autorité

Les 2 cas peuvent induire le même tableau.
Si les parents sont trop rigides, tout est pensé pour le sujet.
Si les parents sont trop souples, le sujet se sent perdu.
Le sujet n’a pas de clefs pour se découvrir lui-même.

Deux autorités parentales dissymétriques

L’enfant est à la fois otage et objet, de ce fait l’enfant a 2 comportements, il est comme coupé en deux. Ce n’est pas très équilibrant car l’enfant se retrouve confronté à un choix et ressent des difficultés à se trouver dans sa singularité.
Il est important que du respect se manifeste d’une autorité parentale envers l’autre. On peut ne pas être d’accord sur les valeurs. Il suffit de l’expliquer à l’enfant sinon l’enfant culpabilise de prendre les valeurs de l’un ou/et de l’autre. Lui dire qu’il est respectable quelque soit son choix, c’est lui permettre de se sentir reconnu dans ce qu’il vit et qu’il n’a pas une partie de lui-même qui est mauvaise.
Les nuances viennent avec le temps. Dans la jeune enfance, tout est binaire (jusqu’à 7-9 ans) car l’enfant est aux prises de l’autre et de son jugement.

La question de l’autorité au sein de la collectivité

Le collectif est de plus en plus présent dans la vie des enfants.
Quelle confiance accorde la famille aux structures ? Si la confiance est de mise, l’enfant trouvera de nouveaux repères qu’il s’appropriera ou non.
On note une accélération des attentes et des demandes des parents, depuis ces vingt dernières années. Les rythmes des enfants ne sont pas vraiment respectés.
Le moment des retrouvailles est un moment de test. Ainsi, aménager le temps des retrouvailles, à la maison, en partageant un moment pas forcément long, mais de qualité est fondamental, pour permettre à chacun de se re-trouver, au sein de la famille, qui est un lieu de partage.
Il faut se donner le temps de se retrouver et de le suspendre.
C’est justement l’existence des contraintes qui nous permet d’imaginer, d’inventer des solutions.

Début de l'article : L'autorité parentale - conférence

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