Des outils pour l'accueil du jeune enfant: Les institutions constituent un des éléments essentiels du tissu social et de ses réponses aux besoins et aux difficultés de tout ordre.Le système institutionnel est l’ensemble organisé pour l’usage, l’aide et le soin à des usagers en situation de demande, de risque et de difficulté relationnelle. Les équipes institutionnelles regroupent des intervenants de statuts, de rôles, de fonctions très diverses. Les institutions constituent un des éléments essentiels du tissu social et de ses réponses aux besoins et aux difficultés de tout ordre. Nous parlons d’institution à propos de chaque secteur de l’activité sociale et nous l’utilisons pour désigner les structures organisées qui maintiennent un état social. De plus, le terme est caractérisé par l’idée d’une manifestation créatrice et organisatrice de la volonté humaine. Chaque système humain a une créativité qui lui est propre.
Cet état social désigne alors les structures et les représentations relativement stables de leur type et de leur fonction, que l’on peut considérer comme des systèmes de référence pour le comportement social, auquel ils donnent donc des normes et une stabilité. Mais le rapport aux institutions présuppose un processus de socialisation car dans cette unité, cette microsociété que représente une institution, se trouvent réunis des individus. Cette unité a de l’importance pour chacun car elle est un peu l’écho d’une unité individuelle. Elle offre d’ailleurs un cadre contenant.
Le système s’équilibre entre la stabilité et le changement. Le système humain n’est jamais figé, il est en constante évolution. En fonction des modifications internes, le système modifie sa relation. La stabilité préserve l’identité et le changement permet de s’adapter à l’extérieur. Les changements internes sont dus au changement d’un élément : départ, arrivée, changement de fonction. Des éléments extérieurs peuvent aussi modifier l’équilibre d’un système. Mais le changement provoque une crise, et il ne faut pas passer outre, sans la régler car, tôt ou tard, il y aura un retentissement sur le système. Pour que le système puisse retrouver son équilibre, il faut donc savoir prendre en compte le changement. Toutefois quand le système est fragilisé, cette prise en compte n’est pas possible car celui-ci se referme sur lui-même. Ce phénomène se retrouve par ailleurs dans la deuxième partie avec l’exemple du fonctionnement institutionnel que j’aborde.
Plus le lieu est accueillant, plus il est ouvert, plus on ressent des signes de bien être institutionnel. Donc à l’inverse, plus le lieu est fermé plus cela signe un symptôme. Les systèmes clos empêchent la communication avec d’autres systèmes. Les systèmes trop ouverts ont des frontières si diffuses que la participation aux systèmes extérieurs est telle que ceux-ci peuvent devenir le système de référence pour les règles. Il faut donc trouver le juste équilibre.
Lorsque les frontières du territoire ne filtrent plus, s’élargissent cela crée un sentiment de danger, d’insécurité. Les frontières dans un système comme l’institution peuvent être matérialisées par des règles invisibles qui régissent les transactions entre les membres de ce système. Les règles doivent être claires pour que les frontières, le cadre puissent être compris, repérées. Une des règles les plus importantes définit est « qui a le droit de participer à quoi ? ». Les frontières sont indiquées par la communication : Qui a le droit de parler ? A qui ? A propos de quel sujet ? Mais aussi quelles émotions peuvent être exprimées ? Envers qui ? De quelle manière ? Il y a également des règles qui déterminent la manière de prendre les décisions et de résoudre les conflits. Souvent un dysfonctionnement apparaît dans le système quand les frontières sont mal définies, quand les règles ne sont pas claires ou quand elle n’existe pas.
Le cadre social de l’institution se découpe avec un intérieur et un extérieur (un dehors et un dedans). Dans cet intérieur, l’être humain va se sentir plus fort, moins seul. Il sera alors emprunt d’un sentiment d’appartenance. On y trouvera des phénomènes d’adhésion, d’exclusion, de soumission, … Dans l’intérieur de l’institution, on construit des objets. L’éducateur de jeunes enfants, par exemple, construit la relation. A l’intérieur de l’institution, du territoire, on se reconnaît semblable, on a des rites d’appartenance. A l’inverse, l’extérieur est perçu comme étranger, intrus, voir comme un ennemi.
De nos jours, l’accès à l’information discrimine ceux qui sont en dedans ou en dehors des actions conduites, de l’équipe, de l’institution. On retrouve bien la notion de territoire, la dynamique liée aux frontières avec cette peur de l’extérieur, de l’envahisseur. Même au sein de l’institution, la crainte de l’intrus est présente si l’autre n’est pas reconnu comme semblable, s’il n’est pas soumis aux règles de l’institution. Cela entraîne d’ailleurs un phénomène d’exclusion, et une position de bouc émissaire dans certains cas. L’intrus externe ou interne à l’institution entraîne une perte de repères, de cadre car l’intérieur représente aussi la sécurité qui protège de l’extérieur. Le stagiaire, par exemple, peut être perçu comme intrus car ses observations peuvent être assimilées à une attaque et donc entraîner un repli de l’institution face au stagiaire.