Vous êtes ici >> Accueil/Les Dossiers/Le métier d'EJE/Accompagnement des enfants/Panser l'institution - Autres outils

Panser l'institution - Autres outils

26/06/2006 - Lu 21833 fois
Des outils pour l'accueil du jeune enfant: La référence, la distance éducative et la prévention des violences institutionnelles.

C - La référence :

La référence est une pratique, une notion de plus en plus courante dans les institutions. Le référent représente un lien entre l'usager et l'institution, entre l'usager et la société. Il est détenteur, porte-parole et l’intermédiaire de l’institution auprès de l’enfant.
La référence est une relation à resituer dans un cadre précis, fourni par l'institution. Cette relation est à soutenir en équipe car c'est l'affaire de toute l'équipe et même de l’institution de manière plus générale.

La référence éducative est une pratique qui s'est imposée au sein des institutions afin de répondre à un besoin. L'objectif du travail éducatif consiste à favoriser l'autonomie et la prise en charge de sa vie par le sujet lui-même. Le référent exerce un rôle d'écoute, d'observation et de guidance, assure la continuité et la cohérence de la vie du sujet. Par ce rôle, son travail tend de manière pertinente vers l’objectif précité.
Le relationnel entre le référent et l’enfant se situe dans le domaine de la confiance réciproque et de l'affectif. Le rôle du référent est souvent incontournable mais toujours très délicat. Cette relation est à risque et peut conduire à l'enfermement de l'un et l'autre dans une relation fusionnelle marquée par la confusion des rôles et une illusion de toute puissance. Cette relation n'est ni une amitié ni une filiation artificielle mais un rapport de professionnel pour lequel l'adulte reçoit un salaire et a des comptes à rendre. On revient à l’importance de l’équipe, comme nous l’avons vu précédemment qui vient se placer en tant que tiers dans cette relation et évite alors l’enferment dans une relation duelle. La distance éducative est donc nécessaire.

D - La distance éducative

La fonction d’accueil ne peut pas uniquement reposer sur la part imaginaire et inconsciente, et encore moins sur la base de la spontanéité et de l’intuition. C’est une piste à ne pas suivre car cela risque de mettre l’enfant et l’enfant dans ses rapports avec sa famille en danger, ainsi que d’épuiser le professionnel, l’accueillant.
Il me semble donc qu’être accueillant est un travail rigoureux et c’est aussi entendre pour soi même ce qui ne va pas et oser le dire, le partager avec les autres quand il y a ou pas un problème, une difficulté. A plusieurs, il est possible de trouver des solutions, mais pour cela il faut aussi accepter la critique.

On parle alors de fonction éducative qui repose sur un travail pensé en équipe. C’est une démarche professionnelle dont l’outil est le professionnel lui-même. Il faut s’investir et s’impliquer avec l’enfant tout en se protégeant et en posant des limites. Le travail doit donc être distancié, cela est permis grâce à l’observation, l’écoute, le projet pédagogique et le travail d’équipe. Il est important de garder la capacité d’ouverture pour éviter « l’étiquetage ». C’est d’ailleurs sur tous ces points que l’éducateur de jeunes enfants doit en partie travailler en collaboration avec l’équipe. Car le rôle de tous les professionnels, internes ou intervenants dans les lieux d’accueil de la petite enfance, est essentiel dans leur unité comme dans leur pluralité, pour les apports sur les connaissances de l’enfant, les visions pédagogiques, l’observation, l’écoute. Le rôle de l’éducateur de jeunes enfants est, à mon avis, de faire de tous ces éléments un tout structuré et complémentaire pour le bien être de l’enfant.

E - La prévention des violences institutionnelles

Il faut savoir avant tout que « L’acte éducatif en lui-même est violent en dehors de toute expression physique. Il ne l’est pas seulement à cause du placement – lorsque placement il y a-il l’est fondamentalement par cette nécessité de faire franchir à l’autre un passage vers un état socialement plus élaboré de lui-même (de l’enfant à l’adolescent à l’adulte). » 8. Bien entendu, il faut ensuite différencier cette violence « nécessaire », des violences abusives. Celles-ci ont des degrés différents. Par exemple, il y a « « La douce violence des pratiques professionnelles », il s’agit d’une violence insidieuse, malicieuse qui se glisse dans une pratique quotidienne, souvent à l’insu du professionnel parce qu’elle trouve racine dans des habitudes journalières, et que « l’on a toujours fait comme ça ! » » 9.

Dans un second temps il est important de ne pas avoir peur de mettre des mots sur ce que l’on voit, ce que l’on vit, ce qui nous questionne. Car si on arrête de penser c’est à ce moment là que l’on risque de s’enfermer dans cette violence et de l’institutionnaliser.
Pour prévenir la violence, il y a plusieurs outils. Il est nécessaire d’analyser les pratiques professionnelles pour pouvoir donner du sens à tous les actes posés sur l’enfant, donc se demander à tout moment où est l’intérêt de l’enfant. De plus, il n’est pas souhaitable d’élaborer trop de projets dans lesquels l’enfant ne trouve plus sa place et où la relation quotidienne n’est plus prise en compte et où l’on ne permet plus par là même à l’enfant de s’inscrire dans la société tout en gardant sa personnalité, son identité propre. Et pour finir, il est important, à mon sens, de pouvoir se remettre en question, de questionner ses pratiques et de réfléchir sur la notion de respect de l’enfant qui est à la base de toutes nos pratiques professionnelles dans le milieu de la petite enfance.

8 DANANCIER Jacques : « La violence dans les établissement sociaux »
9 SCHUHL Christine : « La douce violence des pratiques professionnelles » (article)

Auteur : Violène Dorison infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

| Lettre d'information | Plan du site | les Membres | les auteurs | Nous recommander |