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La fonction du jeu symbolique - Psychanalyse

01/07/2006 - Lu 14021 fois
D.W Winnicott, R. Spitz, M. Klein, J. Lacan

2- Donald Woods Winnicott (1896-1971) :

Winnicott était un médecin qui s’intéressait à la psychanalyse. Il a travaillé auprès des enfants. Il n’était pas pour la théorie même mais était pour la clinique, l’expérience, le ressenti. Il était très attaché au fait, à l’intuition et l’expérience.
Il a développé la notion d’objet transitionnel car pour lui « un bébé tout seul ça n’existe pas ».

a- La fonction de l’environnement :

La santé mentale est liée à la notion de dépendance. Si les soins maternels sont suffisamment bons, le bébé dépend de sa mère. Cette dépendance est nécessaire au bon développement et les soins maternels évitent des distorsions.
Pendant les soins maternels, le « moi » de la mère remplace et soutient le « moi » du bébé qui est inachevé. La mère éveille son enfant et aide les pulsions de vie à prendre le dessus sur les pulsions de mort. Le chaos psychique de l’enfant ne peut s’organiser seul en bon et mauvais, donc s’il subit de mauvais soins, cela entraîne une distorsion. Seul les bons soins permettent le développement du psychisme.

b- La préoccupation maternelle :

La mère doit s’identifier au bébé (identification = empathie), doit arriver à sentir ce dont il a besoin et être au plus près de lui pour le comprendre.
Cette empathie commence pendant la grossesse puis évolue vers la préoccupation maternelle et infantile. C’est une « maladie normale de la mère » que de se donner entièrement à son enfant. Il y a donc un changement de la mère, changement aussi dans sa relation au temps.

c- La fonction du miroir (différent de Lacan) :

Il pense que la mère a un rôle de miroir pour l’enfant, qu’elle lui apporte un support. Le bébé se voit dans le visage de sa mère. Il y a un échange ludique entre la mère et l’enfant.
S’il y a un désintérêt et/ou une dépression de la mère, le bébé n’a pas en retour quelque chose de plaisant et il va arrêter de donner car il ne reçoit pas. Ce qui peut entraîner des pathologies de l’identité.

d- Le holding, le handling, l’objet presenting :

Il y a un apport indispensable de l’environnement qui doit intervenir de trois façons auprès du ”moi” de l’enfant :
- Le holding : c’est la façon dans l’enfant est porté, soutenu (maintenance physique et psychique).
- Le handling : c’est la façon dont le bébé est traité, manipulé (soin du corps, caresse, etc.).
- L’objet presenting : c’est la capacité de la mère à mettre à la disposition de l’enfant l’objet, ni trop tôt ni trop tard, pour lui permettre d’avoir l’impression de l’avoir créer.

3- René Spitz (1884-1974) :

Il s’est intéressé entre autre au développement de l’enfant de 0 à 2 ans. Il propose des étapes à la genèse de la relation objectale et de la communication.
La relation objectale, c’est ce qui se passe entre l’enfant et l’autre (psychisme). Dans une évolution dite normale, Spitz repère trois organisateurs :

  • L’apparition du sourire
  • La réaction d’angoisse face au visage de l’étranger
  • L’apparition du non

Autour de ces trois organisateurs, Spitz découpe le développement de l’enfant de 0 à 2 ans en quatre stades :

  • jusqu’à 3 mois : stade de non différenciation (anobjectal) → Avant 3 mois, le bébé est dans un stade de narcissisme primaire (tout est centré sur lui), où tout est chaotique et sans durée.
  • de 3 mois à 8 mois : stade préobjectal, phase de non différenciation → Durant ce stade, apparaissent les deux premiers organisateur : le sourire et l’angoisse de l’étranger (au 8ème mois).
  • de 8 mois à 2 ans : Stade précurseur de l’objet → Le bébé pleure et se détourne des gens qu’il ne connaît pas. Cette réaction témoigne de traces mnésiques et est caractéristique de l’angoisse de l’étranger qui s’estompera petit à petit. Il voit le monde de deux façons : ce qu’il connaît et ce qu’il ne connaît pas. Il distingue la mère de la « non mère ». L’enfant s’interroge sur les personnes qu’il l’entoure et se demandent si elles vont rester, partir et réapparaître.
  •  A partir de 2 ans : stade de l’objet libidinal → Le « non » apparaît. L’enfant se distingue de sa mère et s’ouvre socialement. Il commence à avoir des acquisitions conceptuelles et symboliques. A travers le « non », le mécanisme qui se met en place est l’identification de l’agresseur mais aussi une intériorisation des interdits qui lui permet à son tour de dire non.

4- Mélanie Klein (1882-1960) :

Elle décrit la limite émotionnelle et la vie fantasmatique. Elle va imaginer ce que pense le bébé alors qu’il ne parle pas. Elle montre que l’activité psychique du bébé va être en corrélation avec le corps car les fantasmes ressemblent à des sensations corporelles (= premiers fantasmes naissent avec des pulsions corporelles).
Mélanie Klein pense qu’il existe dès la naissance un « moi » rudimentaire, immature, qui va être d’emblé soumis à une tempête entre les pulsions de vie et les pulsions de mort. Il en découle une angoisse. Ces angoisses sont issues du conflit des pulsions libidinales et agressives. La manière dont le « moi » immature va gérer les angoisse doit permettre d’atteindre un équilibre.
Le « moi » va passer de l’inorganisation à l’organisation psychique, de l’objet partiel à l’objet total. La nature de l’angoisse change, elle est d’abord de persécution puis dépressive. Ensuite les processus de réparation apparaissent.

5- Lacan (1901-1983) :

Il a continué l’œuvre de Freud et s’est intéressé au stade du miroir qui permet à l’enfant d’accéder au « je » (stade du sujet). L’enfant se sent unifié, auteur et acteur de ses actes et paroles. Il a le sentiment d’être lui-même.
Lacan découpe ce stade en trois étapes entre 6 et 18 mois et plus :

  •  A environ 6 mois, l’enfant reconnaît un être humain dans le miroir. Il voit une image de lui mais comme un autre. Il confond le vrai et le réel. Puis cette image commence à être prise pour la sienne et il essaye de l’attraper car il n’a aucune notion de l’image.
  • Entre 6 et 18 mois, l’enfant comprend que son reflet n’est qu’une image et pas un être vivant mais il ne se reconnaît pas encore. Il ne cherche plus à attraper l’image. Il a compris l’aspect fictif et imaginaire de l’espace derrière le miroir.
  • L’enfant comprend que cette image est une image et qu’en plus elle le représente. Il comprend aussi cela des autres images. Le bébé jubile en se découvrant dans le miroir, s’amuse, éclate de rire. Pour la première fois, il va se vivre, va se penser en tant qu’individu. Il acquiert le « je » vers l’âge de 2 ans. Le sentiment d’existence passe par l’image, par la médiation du corps.

Ce stade a un caractère prématuré, il vient aider et stimuler le développement de l’enfant qui va progressivement se vivre unifié.
Lacan pense que cette image totale que l’enfant voit dans le miroir lui est structurante pour son identité de sujet.

Auteur : Violène Dorison infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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