D.W Winnicott, R. Spitz, M. Klein, J. LacanWinnicott était un médecin qui s’intéressait à la psychanalyse. Il a travaillé auprès des enfants. Il n’était pas pour la théorie même mais était pour la clinique, l’expérience, le ressenti. Il était très attaché au fait, à l’intuition et l’expérience.
Il a développé la notion d’objet transitionnel car pour lui « un bébé tout seul ça n’existe pas ».
La santé mentale est liée à la notion de dépendance. Si les soins maternels sont suffisamment bons, le bébé dépend de sa mère. Cette dépendance est nécessaire au bon développement et les soins maternels évitent des distorsions.
Pendant les soins maternels, le « moi » de la mère remplace et soutient le « moi » du bébé qui est inachevé. La mère éveille son enfant et aide les pulsions de vie à prendre le dessus sur les pulsions de mort. Le chaos psychique de l’enfant ne peut s’organiser seul en bon et mauvais, donc s’il subit de mauvais soins, cela entraîne une distorsion. Seul les bons soins permettent le développement du psychisme.
La mère doit s’identifier au bébé (identification = empathie), doit arriver à sentir ce dont il a besoin et être au plus près de lui pour le comprendre.
Cette empathie commence pendant la grossesse puis évolue vers la préoccupation maternelle et infantile. C’est une « maladie normale de la mère » que de se donner entièrement à son enfant. Il y a donc un changement de la mère, changement aussi dans sa relation au temps.
Il pense que la mère a un rôle de miroir pour l’enfant, qu’elle lui apporte un support. Le bébé se voit dans le visage de sa mère. Il y a un échange ludique entre la mère et l’enfant.
S’il y a un désintérêt et/ou une dépression de la mère, le bébé n’a pas en retour quelque chose de plaisant et il va arrêter de donner car il ne reçoit pas. Ce qui peut entraîner des pathologies de l’identité.
Il y a un apport indispensable de l’environnement qui doit intervenir de trois façons auprès du ”moi” de l’enfant :
- Le holding : c’est la façon dans l’enfant est porté, soutenu (maintenance physique et psychique).
- Le handling : c’est la façon dont le bébé est traité, manipulé (soin du corps, caresse, etc.).
- L’objet presenting : c’est la capacité de la mère à mettre à la disposition de l’enfant l’objet, ni trop tôt ni trop tard, pour lui permettre d’avoir l’impression de l’avoir créer.
Il s’est intéressé entre autre au développement de l’enfant de 0 à 2 ans. Il propose des étapes à la genèse de la relation objectale et de la communication.
La relation objectale, c’est ce qui se passe entre l’enfant et l’autre (psychisme). Dans une évolution dite normale, Spitz repère trois organisateurs :
Autour de ces trois organisateurs, Spitz découpe le développement de l’enfant de 0 à 2 ans en quatre stades :
Elle décrit la limite émotionnelle et la vie fantasmatique. Elle va imaginer ce que pense le bébé alors qu’il ne parle pas. Elle montre que l’activité psychique du bébé va être en corrélation avec le corps car les fantasmes ressemblent à des sensations corporelles (= premiers fantasmes naissent avec des pulsions corporelles).
Mélanie Klein pense qu’il existe dès la naissance un « moi » rudimentaire, immature, qui va être d’emblé soumis à une tempête entre les pulsions de vie et les pulsions de mort. Il en découle une angoisse. Ces angoisses sont issues du conflit des pulsions libidinales et agressives. La manière dont le « moi » immature va gérer les angoisse doit permettre d’atteindre un équilibre.
Le « moi » va passer de l’inorganisation à l’organisation psychique, de l’objet partiel à l’objet total. La nature de l’angoisse change, elle est d’abord de persécution puis dépressive. Ensuite les processus de réparation apparaissent.
Il a continué l’œuvre de Freud et s’est intéressé au stade du miroir qui permet à l’enfant d’accéder au « je » (stade du sujet). L’enfant se sent unifié, auteur et acteur de ses actes et paroles. Il a le sentiment d’être lui-même.
Lacan découpe ce stade en trois étapes entre 6 et 18 mois et plus :
Ce stade a un caractère prématuré, il vient aider et stimuler le développement de l’enfant qui va progressivement se vivre unifié.
Lacan pense que cette image totale que l’enfant voit dans le miroir lui est structurante pour son identité de sujet.