Présentation de l'échantillon = présentation de la population d'EJE ayant répondu au questionnaire.L’échantillon est composé 17 éducatrices de jeunes enfants. Il se trouve qu’il est 100% féminin mais ce n’est pas un choix. Comme nous l’avons précédemment vu, la profession est essentiellement féminine, peu d’hommes sont présents dans le secteur. Il n’est donc pas évident de les trouver pour leur transmettre le questionnaire. C’est un regret de ne pas avoir réussi à avoir des retours d’hommes car je pense que ça aurait apporté beaucoup.
Par ailleurs, nous pouvons noter que l’absence d’homme est déplorée par la profession et une partie du secteur de la petite enfance voire même du travail social en général.
De plus cette absence n’est pas non plus sans conséquence pour les enfants accueillis dans le secteur de la petite enfance. D’une certaine manière elle peut nuire en n’offrant pas d’identification masculine et en ne permettant pas de percevoir ce que la relation à l’homme apporte de différent, surtout pour des enfants élevés dans un milieu féminin. S’il y avait un équilibre hommes femmes dans les structures, les enfants pourraient y trouver des figures paternelles. Autrement dit, l’absence d’hommes dans ces métiers maintient cruellement les femmes et les enfants dans un monde imaginaire où il n’y aurait que des mères et des enfants, et dans une relation duelle, l’un et l’autre étant préjudiciables à leur santé psychique dans certains cas. Pour que les choses changent, il faudrait que les « Institutions » elles-mêmes et la société se débarrassent du préjugé, selon lequel il suffit d’être une femme pour s’occuper d’enfants. L’enfant n’est pas l’affaire du seul sexe féminin, il est sujet social, avec des droits et des devoirs. Il implique et il engage, de près ou de loin, au-delà de la politique sexiste et des thèses réactionnaires, hommes et femmes, père et mère, professionnels et institutionnels, avec également des droits et des devoirs.
Les âges des EJE de l’échantillon vont de 39 ans à 23 ans comme nous pouvons le constater dans le tableau ci-dessous.
| 1967 | 1971 | 1975 | 1976 | 1977 | 1978 | 1979 | 1980 | 1982 | 1983 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 1 | 4 | 2 | 1 | 1 | 2 | 3 | 1 |
Il y a une plus forte représentativité entre 1976 et 1977. Il existe une autre période qui est aussi plus représentée, c’est celle de 1980-1982.
Je n’avais pas une volonté particulière concernant les âges de la population sondée. Ma seule exigence était que chacun devait avoir le DEEJE et qu’il est été obtenu suite à la réforme du diplôme de 1993 car je souhaitais que l’échantillon ai suivi le même cursus, même s’il existe des variations de contenus et de formes au sein de chaque établissement. Ce choix est basé sur le fait que je voulais avoir une base de comparaison pertinente.
On constate qu’il y a une diversité d’âges qui se retrouve dans les écoles de formation car je rappelle que toutes celles qui ont répondu, ont passé le diplôme après 1993. Même si là, de par mon faible échantillon, ce n’est pas pleinement perceptible.
Elles passent par l’étude des professions des parents, récoltés à l’aide des questionnaires, afin d’établir une classification à l’aide de la nouvelle nomenclature des PCS[2]
de 1982.
| PCS : | Père | Mère |
|---|---|---|
| 1°- agriculteurs exploitants | 1 | |
| 2°- artisans, commerçants et chefs d’entreprise | ||
| 3°- cadres et professions intellectuelles supérieures | 1 | |
| 4°- professions intermédiaires | 5 | 5 |
| 5°- employés | 5 | 8 |
| 6°- ouvriers | 1 | 1 |
| 7°- retraités | 2* | 1* |
| 8°- autres personnes sans activité professionnelle | 1 | 2 |
| Décédé | 1 * | |
| Total | 17 | 17 |
* anciens employés (5)
Nous pouvons constater que la CSP la plus représentée est celle des employés. En y ajoutant les personnes retraitées ou décédées, il y a 8 pères et 9 mères donc 17 parents qui viennent de la classe des employés. Nous trouvons en deuxième position les professions intermédiaires avec 10 parents. A la vue de ses résultats, il apparaît que les origines sociales soient peu dispersées et que les EJE viennent principalement de la classe moyenne.
Mes résultats divergent de l’enquête de Daniel Verba sur les EJE et de celle de Jacques Ion et Jean-Pierre Tricart sur les travailleurs sociaux. Pour eux, il est apparu une hétérogénéité qui fait même partie de la particularité de la profession et des professions du social en règle générale. Malgré tout, Daniel Verba montre dans une autre analyse plus récente que même si l’hétérogénéité sociale reste forte, il y a un resserrement des origines sociales vers la classe moyenne. Son hypothèse, à ce moment là, est de dire « que le développement d’une certaine professionnalisation et une régression sensible de l’attrait pour les professions sociales, liée à la montée du libéralisme au début des années quatre-vingt, auront peut-être eu tendance à en écarter les enfants issus des classes les plus favorisées, qui ne trouvent plus dans le travail social les compensations symboliques nécessaires à l’acceptation de salaires médiocres et de pénibles conditions de travail »[1]. Suite à ce qui vient d’être dit, nous pouvons penser que les résultats obtenus ici peuvent valider l’hypothèse de D. Verba. Soyons tout de même prudent dans cette conclusion car il faut tenir compte du fait que la taille de l’échantillon n’est pas très représentative.
Répartition des types de baccalauréats obtenus :
Nous pouvons constater qu’ une majorité d’EJE a un bac SMS (sciences médico-sociales). Il faut savoir que ce type de bac donne une approche des professions sociales et médicales, et préparent plus ou moins aux concours. Pour la plupart des 6 EJE ayant passé un bac SMS, c’est par choix et dans l’optique de devenir éducatrice de jeunes enfants.
Ensuite, le deuxième résultat important concerne le bac ES (économique et sociale) avec 4 EJE qui l’on obtenu. Les autres résultats sont plus hétérogènes. Comme nous l’avons vu précédemment le bac est un passage obligatoire pour pouvoir entrer en formation d’EJE et ce quel que soit celui qui a été obtenu. Alors le seul résultat intéressant qui ressort là, à mon avis, est celui concernant le bac SMS car il prépare plus à une orientation professionnelle dans le secteur du social.
Etudes entreprises après le bac et avant de passer le diplôme d’EJE :
A l’université :
En école préparatoire :
Autres études :
Notons que ces résultats sont généraux, une personne peut avoir été à la fac et avoir aussi été en école préparatoire. N’apparaissent pas là non plus le cas d’une EJE qui a pris une année sabbatique et d’une autre qui a exercé différentes professions tout en prenant le temps d’avoir 3 enfants et de s’en occuper.
Au regard de ces différents parcours, nous constatons une grande hétérogénéité des études suivies avant d’entrer en formation. Certains sont un plus pour la réussite du concours, pour la formation et pour la suite en tant que praticien, d’autres non rien à voir avec la profession, ni même avec le secteur. Certaines savaient où elles allaient, d’autres ont mis plus de temps pour se trouver. Il faut aussi tenir compte du fait que selon le type de bac obtenu, il n’est pas possible de suivre n’importe qu’elle filière sauf dans le secteur social. Ajoutons comme éléments que pour rentrer en formation, il est important d’avoir de l’expérience auprès des jeunes enfants, qu’il y a un âge minimal et une certaine maturité à avoir. Tout ceci explique que les membres de l’échantillon ont fait d’autres choses avant et qu’elles ont toutes travaillé parallèlement.
[1] Verba D., 2001 (nouvelle édition actualisée), Le métier d’éducateur de jeunes enfants, Syros & La Découverte : Alternatives sociales, Paris. p. 88
[1] PCS : les professions et les catégories socioprofessionnelles.