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Le rôle du groupe de pairs - Définition et théories

11/10/2006 - Lu 5780 fois
Deux types de relations sont nécessaires au développement social de l'enfant :
- les relations parents/enfant qui se caractérisent entre autre par une asymétrie des compétences ;
- les relations entre l'enfant et le groupe de pairs qui se caractérisent par la réciprocité des compétences.

Définition du terme « pairs » :

Etymologiquement, il désigne l’égal. En psychologie, il est utilisé :

  • soit dans les études expérimentales sur les relations entre enfants, pour désigner des partenaires de même âge chronologique (pairs : au sens fort) ;
  • soit dans les études de terrain pour désigner des partenaires appartenant au même groupe constitué (par exemple : dans une section en crèche) (pairs : au sens large).

Dans le premier cas, « pair » est utilisé dans son sens fort et « on infère de la parité d’âge chronologique des similitudes de moyens et d’objectifs sociaux » . Il faut malgré tout souligner l’existence de différences interindividuelles et souligner l’appariement en fonction de l’âge chronologique plutôt comme « une probabilité statistique maximale de similarité que comme une certitude » .

Dans le second cas, il rend compte plus spécifiquement d’une similitude de statut et d’une certaine familiarité. Dans ce sens, la constitution des groupes, généralement en fonction de la tranche d’age, limite la différence d’age entre les pairs. Il est important de souligner ce double sens car il peut expliquer certaines divergences qui sont apparues dans le domaine des interactions entre pairs entre les résultats des chercheurs expérimentalistes et ceux de terrain.

Cadre théorique :

Pour décrire l’évolution des relations entre enfants, il est nécessaire de s’interroger sur l’ontogenèse de cette relation et d’en situer les fondements.
Une des premières contraintes qui est posée est la nécessité pour le bébé de faire la distinction entre objet physique et objet humain, et donc de reconnaître le pair comme élément de la seconde catégorie.
Pour beaucoup d’auteurs, l’ontogenèse des comportements sociaux est en interdépendance avec le développement cognitif. « C’est de la perception par le bébé du lien de contingence aléatoire – caractéristique de la réponse sociale – et en opposition à la stabilité de réponse de l’objet physique qu’émerge la distinction objet social / objet physique » .

Dans les objets sociaux, il faut distinguer les adultes ou les « grands » des bébés ou des « petits » :

  • pour les premiers, la distinction est facilitée par l’ajustement de l’adulte aux compétences du bébé ;
  • pour les seconds, la distinction est moins simple car les partenaires (les bébés) n’ont pas la possibilité de s’entraider dans cette distinction.

Actuellement, il existe deux hypothèses concurrentes pour expliquer l’origine des interactions entre pairs :

  • La première, défendue par Bruner, conçoit que les relations entre pairs trouvent leur origine dans l’interaction avec la mère pendant la période prélangagière, c'est-à-dire que le système d’interactions entre pairs se construit en dérivation du premier système interactif (avec les parents et plus spécifiquement la mère).
  • La seconde considère que les relations entre pairs sont relativement indépendantes du système adulte/enfant et qu’elles s’organisent selon des caractéristiques propres. Il existe deux orientations théoriques pour étayer cette hypothèse. Il y a la proposition piagétienne qui montre le parallélisme entre le développement intellectuel et le développement social. Et celle proposée par l’éthologie humaine, dont Montagner fait parti, qui considère que les règles d’interaction entre enfants obéissent au principe de dominance tel qui est connu dans les sociétés animales.
Auteur : Violène Dorison infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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