Vous êtes ici >> Accueil/Les Dossiers/Le métier d'EJE/Accompagnement des enfants/Le rôle du groupe de pairs - La différenciation moi/autre

Le rôle du groupe de pairs - La différenciation moi/autre

11/10/2006 - Lu 4367 fois
Adopter alternativement le rôle d'imitateur et le rôle d'imité, permet à l'enfant de tester son identité, en étant à la fois lui-même et l'autre dans le système de communication.

La différenciation moi/autre :

Wallon a accordé un grand intérêt à l’individuation. Celle-ci permet à l’enfant socialement inscrit dans un couple d’exister de manière indépendante en trouvant une place parmi les autres reconnus en tant que sujets.

Il décrit quatre principales étapes du développement de l’individuation qu’il appelle la « subjectivité parmi les autres » :

  • La première étape correspond à la naissance de la jalousie vers 7-9 mois quand l’enfant réagit vis-à-vis de l’interaction privilégiée entre deux personnes. Une rivalité ce manifeste alors par des comportements d’agitation, d’intrusion ou d’auto-agression qui montrent la nécessité qu’il ressent d’être avec les autres. Il trouve une issue à cette situation dans la relation dyadique. De cette manière, il fuit la relation sociale à plusieurs ce qui l’amène vers la jalousie que Wallon appelle : « rumination douloureuse ».
  • Le deuxième niveau, à 2-3 ans, est celui où l’enfant apprend à connaître les autres en tant qu’autres personnes en instaurant des « réactions alternantes et réciproques » avec elles.
  • La période suivante se situe aux alentours de 3 à 5 ans. Elle voit resurgir des réactions de jalousie bien spécifiques de cet âge là car elle présente un état encore mal différencié de la sensibilité. Wallon explique que la jalousie alène la personne vis-à-vis du rival dans la prétention de se substituer à lui.
  • La dernière période a lieu vers 6-7 ans. La confrontation à des groupes plus larges que la famille aide l’enfant à prendre « un rôle déterminé en se différenciant des autres, en les acceptant comme arbitre de ses exploits ou de ses défaillances, bref en faisant d’eux figure d’individu distinct qui a son honneur à lui et dont, par la suite, l’autonomie ne pas être méconnue » .

Nadel, dans la perspective de Wallon, a montré que l’imitation immédiate entre enfants de 24 à 36 mois est un moyen puissant de communication entre enfants. L’imitation des gestes, postures, et attitudes de l’autre permet à l’enfant, en adoptant alternativement le rôle d’imitateur et le rôle d’imité, de tester son identité en étant à la fois lui-même et l’autre dans le système de communication. Le constat d’identité simultanée provoque chez l’enfant l’émotion de la reconnaissance mutuelle de l’autre et alimente le maintien prolongé des interactions à plusieurs. Cette activité imitative correspond à la période de syncrétisme différencié où l’indifférenciation moi/autre est en voie de dépassement.

Chez l’enfant de 3 ans, il est donc établi que l’imitation a une fonction de découverte de soi et d’autrui ainsi qu’une fonction de découverte de la réciprocité des échanges. Elle n’est pas seulement un contenu d’interactions sociales mais aussi une organisation spécifique du développement socio-personnel qui permet la co-construction de l’identité.

Auteur : Violène Dorison infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

| Lettre d'information | Plan du site | les Membres | les auteurs | Nous recommander |