la pédagogie dans l'éducationEn ce qui concerne la pédagogie, elle se développe en même temps qu’apparaît l’intérêt pour l’enfant. Cette notion d’intérêt a largement été développée par Dewey, entre autre dans un rapport entre l’enfant et l’éducateur. Il en donne la définition suivante :
« la signification de l'intérêt réside toute dans ce à quoi il tend, dans les nouvelles expériences qu'il rend possibles, dans les pouvoirs nouveaux qu'il crée. Les impulsions et les habitudes de l'enfant doivent donc être interprétées. Le véritable pédagogue est précisément celui qui, grâce à sa science et à son expérience, est capable de voir dans ces intérêts non seulement des points de départ pour l'éducation, mais des fonctions qui renferment des possibilités et qui mènent à un but idéal. »
(J. Dewey, 1897, qu'est-ce que "l'interet" de l'enfant?).
Puis la pédagogie prend de l’ampleur au 20ème siècle dans ce qu'on appelle « l'éducation nouvelle ». Jean-Jacques Rousseau en est le "grand ancêtre" revendiqué et la filiation passe par Henri Pestalozzi (1746 - 1827), qui avait tenté de mettre en œuvre les idées de Rousseau. L’éducation nouvelle est un important mouvement éducatif européen, occidental, qui met profondément en cause la pensée et la pratique pédagogique établies. Ce nouveau mouvement traversera le siècle et aura provoqué des transformations majeures dans les idées et les pratiques pédagogiques. Il est organisé, lié à la fois au développement de la psychologie de l’enfant et à l’histoire de la société. L'éducation nouvelle, c'est aussi une constellation de pédagogues assez divers : John Dewey (USA) 1859/1952, Maria Montessori (Italie) 1870/1952, Ovide Decroly (Belgique) 1871/1932, Édouard Claparède (France) 1873/1940, Adolphe Ferrière (Suisse) 1879-1960, Roger Cousinet (France) 1881/1973, Célestin Freinet (France) 1896/1966, etc. Mais dans cette mouvance, certes nous trouvons des pédagogues, et des philosophes, mais aussi voire surtout des psychologues, des médecins.
Du côté des pédagogues, différents points sont abordés. Maria Montessori mettait en avant l'indépendance de l'enfant à l'égard des adultes, en pensant le "grandir" de l'enfant comme une maturation biologique spontanée, qu'il était nécessaire de protéger comme on peut protéger la croissance d'une plante. Pour Célestin Freinet et Neill, l'enfant était en soi libre, autonome, et ce qui finalement les infantilisait, c’était les adultes. Les aspects cognitifs de l'éducation, le savoir et la culture, ont été parfois assimilés à l'emprise des adultes sur les enfants, qui les empêche de penser par eux-mêmes, d’expérimenter, d’être actif dans la construction de leur connaissance nouvelle. Il était question, autant que possible, de ramener le savoir au fonctionnement propre des enfants, à leurs intérêts et à leurs démarches spontanées. Points que l’on retrouve chez Dewey et Rousseau. Globalement, il existe une volonté de rompre avec la pratique et l’esprit de l’éducation traditionnelle. Cet idée se retrouve dans cet extrait de Expérience et éducation de J. Dewey :
"Si l'on essaie de dégager la philosophie impliquée dans les pratiques de l'éducation nouvelle, on peut, me semble-t-il, discerner certains principes communs à toutes les écoles progressives existantes, en dépit de leur diversité. A ce qui s'impose du dehors, on oppose l'expression de la culture de la personnalité ; à la discipline externe, l'activité libre ; à l'enseignement qui procède des manuels et des livres, celui de l'expérience ; à l'acquisition d'aptitudes particulières obtenues par dressage, celles qui permettent l'accomplissement de fins liées aux tendances profondes ; à la préparation d'un avenir plus ou moins éloigné, la saisie intégrale des possibilités qu'offre le présent ; aux buts et à la manière statiques des programmes, le commerce avec le monde en perpétuel changement "
(J. Dewey, 1939, Experience et education, Armand Colin, Paris, p. 601).