Dans le milieu de la petite enfance et plus spécifiquement les éducateurs de jeunes enfantsDans le milieu de la petite enfance, beaucoup d’éducateurs de jeunes enfants croient en une approche pédagogique qui favorise le développement global et harmonieux de l'enfant dans les dimensions physique et motrice, intellectuelle, langagière, socio-affective et morale, tout en plaçant l’expérience au coeur du processus d'apprentissage. Comme l’a dit Dewey, « l'intérêt pour le gribouillage doit être mis en œuvre tout de suite, et il faut en tirer tout le bien possible sans tarder, sans s'occuper du fait que dans dix ans l'enfant aura à tenir des livres »
(John Dewey). Comme dans le mouvement de l’éducation nouvelle, La conception de l'enfance, et la dignité qui lui est reconnue, commande la conception de l'éducation. L'éducateur doit respecter la dignité de l'enfance, prendre l'enfance au sérieux. Il doit également prendre en charge la réalité présente de l'enfance, ses besoins et ses désirs actuels. Il doit établir un rapport profond entre les motivations de l'enfant et les tâches scolaires.
Le curriculum comprend des objectifs, mais accorde une flexibilité aux activités. Les apprentissages ne sont pas une fin en soi, mais sont constamment appliqués dans le vécu et la réalité. Ils débutent avec un concept global pour ensuite aller vers les détails. Les erreurs sont perçues comme faisant partie des apprentissages ; l'accent est mis sur le plaisir d'apprendre. Cousinet affirme que les besoins de l'enfant doivent commander le curriculum : « Le traditionaliste construit artificiellement le milieu (le programme) et s'efforce d'y adapter l'enfant. L'éducation nouvelle prend les besoins de l'enfant comme données et organise le milieu de manière que ces besoins puissent y être satisfaits, adapte le milieu à l'enfant »
. Le personnel éducateur reconnaît les besoins et les intérêts des enfants en planifiant le programme d'activités. Il est un guide et un soutien. Il utilise les connaissances et les habiletés pour faciliter le processus d'apprentissage.
L'enfant est un apprenant actif et il évolue à son rythme. Les habiletés sociales constituent un aspect essentiel de la vie. Les interactions et la coopération sont fortement encouragées. La compétition se limite à l'individu lui-même. Les enfants assument une certaine responsabilité dans leur comportement.
Toutefois, on ne peut se contenter d'enfermer la signification et la portée de l'éducation nouvelle dans des oppositions trop simplificatrices avec l’éducation traditionnelle. Il s'agit d'un mouvement qui traverse le siècle, et qui n’est pas dissociable du mouvement des idées de son temps et de la société. Comme l'écrit Philippe Raynaud,
« la pédagogie moderne est d'abord une des traductions les plus visibles de la logique de la démocratie moderne ; elle est centrée sur les besoins de l'individu »
(L'école de la démocratie, in Le débat, n° 64, mars-avril 1991, p. 42).
En effet :
« La pédagogie moderne, telle qu'elle se développe de Peztalozzi à Piaget, repose sur ce qu'on peut appeler un « renversement copernicien » dans la définition des tâches de l'école : au lieu de partir des exigences abstraites ou externes de la société ou de l'école pour définir l'enseignement que l'on doit donner aux individus, on part des "besoins" de ces derniers pour créer un milieu éducatif où ils pourront réussir les « apprentissages » nécessaires à leur " développement »
(Philippe Raynaud et Paul Thibaud, 1990, la fin de l'école républicaine, Paris, Calmann-Levy, p.58).
Quoi qu'il en soit de ces interprétations, vision, choix idéologiques, les doctrines de l'éducation nouvelle (comme toutes les doctrines éducatives) doivent être pensées dans toutes leurs dimensions : pédagogiques, mais aussi scientifiques, politiques, sociales, philosophiques. Et les éducateurs de jeunes enfants, qui sont pour la plus part imprégné de tout ce qui vient d’être énoncé, doivent être vigilent à ne jamais perdre leur capacité de penser.
Nous avons fait un tour d’horizon rapide mais surtout le lien entre la philosophie, l’éducation, la pédagogie et les EJE. Alors nous venons d’évoluer dans un cercle finalement assez restreint mais qui se base sur la professionnalité dans le secteur de la petite enfance. De plus, il est finalement avant tout question de l’enfant, de l’enfance, des pratiques éducatives donc des apports dans le développement de l’enfant. Je me rends compte au fil du temps et des disciplines que l’enfance et l’enfant ne sont pas simple à définir et recouvre un nombre de champs importants qui s’opposent ou se croisent. Il reste du chemin à parcourir pour compléter les représentations des éducateurs de jeunes enfants. Il semble important maintenant d’aller aussi à la rencontre de ce public.