QUELQUES REPERES PRATIQUES :
C’est au cours de la première année que l’enfant va constituer les bases de la confiance en lui dans ceux qui prennent soin de lui au quotidien.
- En criant, en pleurant, le bébé, totalement dépendant des adultes, se demande s’ils vont comprendre ses besoins et les satisfaire de manière adéquate. La patience de l’enfant naît parce que son environnement est devenu prévisible et donc rassurant.
- Le Doudou est une étape fondamentale sur le chemin de la confiance en soi, car l’enfant a choisi « quelqu’un » qui fait le lien entre le dedans et le dehors, entre la maison et la crèche, qui le rassure en l’absence de sa maman, mais aussi « quelqu’un » qu’il peut aussi bien câliner que taper, « quelqu’un » sur qui il peut exercer sa toute puissance.
- Grâce au NON, l’enfant cherche à affirmer sa place face à l’autre. « L’enfant à qui on passe tous ses caprices n’est pas un enfant gâté, mais un enfant malheureux et inquiet. Ce qui rassure l’enfant, ce qui l’aide à construire sa confiance en lui bien à l’abri des dangers, c’est de sentir des adultes protecteurs, plus forts que lui, et qui savent où ils vont. » (Anne BACCUS).
C’est donc en observant l’enfant, en le considérant dans toutes les dimensions qui l’animent (affective, cognitive, psychomotrice et relationnelle), en se questionnant sur le message qu’il veut nous transmettre en se comportant, en agissant de telle ou telle façon, que nous pouvons réellement accompagner l’enfant au quotidien et permettre à ses parents de porter un regard neuf sur lui et de tisser des relations où écoute et respect mutuel prennent tout leur sens.
CE QUI CONTRIBUE A LA CONFIANCE EN SOI :
- Faire confiance à l’enfant : le laisser faire des choix et prendre des décisions. « Aide-moi à faire seul » disait Maria Montessori, pédagogue ayant imaginé le mobilier pour les tout-petits.
- Lui confier des choses qu’il peut assumer, afin que naissent l’envie et le plaisir de grandir, dans le respect de son rythme.
- Aider l’enfant à canaliser ses émotions de façon positive et constructive.
- Favoriser la diversité des moyens d’expression : éveil culturel et artistique (ARTAM, bibliothèque, piscine), jeux symboliques, de construction…
- L’aider à braver l’échec, à se l’approprier comme une notion inhérente à la vie et à trouver des solutions par lui-même. Lui affirmer que ce n’est pas tant le résultat qui compte mais plutôt la façon dont il y est parvenu. (ex: comment s’y est-il pris pour faire face à un problème rencontré? a-t-il usé de patience?).
- Lui verbaliser qu’on est là pour l’accompagner, le soutenir.
- Lui permettre de distinguer ce qui est vraiment dangereux de ce qui est de l’ordre du danger imaginaire (rêves, peurs, émotions…), car l’enfant de 2-3 ans pour répondre à la frustration de sa non toute-puissance, créé un monde fantastique qu’il assimile à la réalité. Entendre les peurs de l’enfant, mettre des mots dessus, c’est lui permettre de se les approprier et de les dépasser.
- Accompagner l’enfant dans l’appréhension des dangers, afin qu’il apprenne à se protéger et à évaluer les risques qu’il prend.
- Aménager la continuité dans sa vie : tisser des liens maison/crèche, crèche/école, crèche/maison de retraite de la ville…
- Poser un cadre à la fois ferme, rassurant et cohérent pour que l’enfant parvienne à dominer ses pulsions et à intérioriser les interdits, le possible, les règles sociales. (ex: « je ne suis pas d’accord avec ce que tu fais », « tu ne respectes pas les consignes, je pense que l’atelier ne te plaît plus », « ça fait plusieurs fois que tu renverses ton verre, veux-tu sortir de table ?). C’est en transmettant valeurs et règles que l’on offre à l’enfant un cadre de références sociales sur lequel il va s’appuyer pour grandir.
- Utiliser un langage valorisant et susciter ses motivations.
- Lui proposer des altenatives. (ex: un enfant déchire des livres, lui proposer un catalogue; il mord, lui proposer de faire un bisou; il frappe, lui proposer de caresser; il joue avec la nourriture, lui proposer des ateliers de pâtes à modeler...), afin que l'enfant prenne conscience que les émotions qui l'animent sont canalysables de façon positive et donc structurantes.
La parole dite à l’enfant fait qu’il va intérioriser ce que les adultes pensent de lui. A nous d’être particulièrement vigilantes aux connotations péjoratives qui ne font que renforcer le comportement de l’enfant. (ex: tu renverses tout le temps ton verre, tu ne fais attention à rien, il a toujours été agressif, elle restait déjà dans son coin, elle a toujours mal mangé…). En effet, les « toujours » et les « jamais » sont des mots à proscrire de notre vocabulaire car ils enferment les enfants dans un carcan qui les rend impuissants à changer. Attention aussi à nos propos qui se doivent d’être le plus neutres possible ou du moins distincts de toute affectivité, du ressort de la famille. (ex: je suis en colère, je ne suis pas contente, je suis fâchée).
Parce que l’enfant ne fait pas la différence entre ses actes et lui-même, si on lui dit « je ne suis pas contente de toi », il va intérioriser qu’il n’est pas apprécié pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a fait. Et là est à mon sens le danger des étiquettes que l’on colle à un enfant et qui le suivent très longtemps. Ne faudrait-il pas aller au-delà de ces constats et aider l’enfant à dépasser ses propres difficultés et faire émerger chez lui tout son potentiel, tout ce qui le valorise et qui le rendra fier de lui? Ainsi plusieurs facettes de sa personnalité seront mises en exergue et non pas une seule, celle qui dérange et donc stigmatisée malgré nous.