Comment l'EJE peut-il favoriser l'accès à une autre langue en jardin d’enfants allemand ? Car transmettre une langue, c'est transmettre des mots, une manière d'être, de vivre, une culture, en somme une altérité.Le jardin d’enfants de F*** a mis en place différents projets, en proposant des activités relatives à ces derniers : piscine, musique, chorale, danse, sortie en forêt, projet d’éducation bilingue "Bilibi".
Le projet "Bilibi" :
Le projet "Bilinguale Bildung im Kindergarten" ("Education bilingue au jardin d’enfants") rassemble 22 communes de la région du Rhin Supérieur depuis Juillet 1999 avec pour objectif l’introduction de la langue du voisin, c'est-à-dire le français, dans les jardins d’enfants.
Le 1er Juillet 1999 l’union européenne, dans le cadre du programme INTERREG II, approuve ce projet et contribue à son financement, car la construction européenne passe inévitablement par la connaissance de l’autre ainsi que par la capacité de communiquer.
Le Prof. Dr. Norbert Ruppert de la "Pädagogische Hochschule Freiburg" est le responsable de ce projet.
Les objectifs du projet :
J’ai pu assister à des activités menées par deux éducatrices dans le cadre de ce projet. Ces activités ne semblaient pas correspondre à ce que j’avais pu lire à propos du projet. En effet, une langue se vit au quotidien et l’apprentissage dans la petite enfance ne se fait pas par le biais de traductions. De plus les éducatrices allemandes manquaient d’informations en ce qui concerne les traditions culturelles ainsi que les fêtes françaises. Ma réflexion s’est donc portée sur la problématique suivante :
Problématique :
Comment l’EJE peut-il favoriser l’accès à une autre langue en jardin d’enfants allemand ?
Mes observations, constats, et lectures me font penser que la meilleure façon pour l’enfant d’apprendre la langue est d’éviter les traductions et de lui permettre de l’entendre au quotidien, de la vivre pendant les différents moments de la journée, comme le repas ou les jeux.
C’est pour ces raisons que j’ai décidé de parler uniquement en français, afin d’atteindre la finalité de mon projet.
Finalité : Favoriser le bilinguisme par la mise en place d’une immersion partielle.
Suite à mon constat, je pense que pour transmettre une langue, il ne suffit pas d’en traduire les mots, ou les chansons que l’on répètera, ou encore de faire des activités ponctuelles une fois par semaine.
Selon moi, pour pouvoir acquérir une seconde langue et ainsi pouvoir parler de bilinguisme, il y a plusieurs aspects à prendre en considération. L’éducateur a une place importante, puisque c’est lui qui transmet cette langue, il est aussi un modèle pour l’enfant, qui pourra l’imiter.
Transmettre une langue, c’est permettre à l’enfant d’avoir des repères sécurisants, dans le but de transmettre des mots, une manière d’être, de vivre, une culture, en somme une altérité. Mon hypothèse et axe de recherche seront donc :
Hypothèse :
La présence d’un référent sécurisant qui véhicule et transmet la langue et la culture du pays étranger facilite l’accès à la langue de ce dernier.
Les grands axes de travail de mon projet sont l’immersion, les repères, la culture et l’altérité. Selon mon hypothèse, l’enfant, pour apprendre une autre langue, doit trouver un référent sécurisant. Pour ce faire, il faut qu’il puisse localiser celui-ci, il lui faut un espace ou peut avoir lieu cette rencontre. Un grand point de mon projet porte sur l’aménagement d’une "pièce française", qui est un repère spatial. J’accorde une grande importance aux repères dans mon projet. Repérer est défini comme l’action de « marquer au moyen de repères, ou déterminer la position exacte, localiser ou encore apercevoir, trouver pari d’autres»2 . Aider l’enfant à se repérer c’est le rassurer en l’aidant à anticiper ce qui va se passer et ainsi éviter l’angoisse de l’inconnu.
De plus l’immersion limite la compréhension par la communication orale, j’essaye donc de rendre ce que j’explique visuel à l’enfant, c'est-à-dire que même s’il ne comprend pas les mots, il peut comprendre la signification par la vue, en associant les mots avec des images ou des gestes.
A la lumière de ces constats et dans le cadre du projet français, j’ai pu définir des axes qu’il serait important de travailler aussi bien avec les enfants, les parents, l’équipe que les partenaires. J’ai donc pu définir quatre objectifs principaux dans ce projet :
2 Le Petit Larousse Compact, Editions Larousse-Bordas, 1998