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L'accouchement

13/01/2008 - Lu 792 fois
Le mystère des mères: C'est l'acte qui met un terme à la grossesse : c'est un acte « violent » qui vient rompre l'état de cohésion narcissique mère-bébé. Cette transition subite est un traumatisme pour la mère et pour le bébé qui passe du milieu intra-utérin (feutré, aquatique) au milieu extérieur agressant (lumière, bruit). Les soins dont la mère va entourer le bébé vont alors lui permettre de supporter ce passage et de s'adapter à sa nouvelle vie.

L’accouchement

C’est l’acte qui met un terme à la grossesse : c’est un acte « violent » qui vient rompre l’état de cohésion narcissique mère-bébé. Cette transition subite est un traumatisme pour la mère et pour le bébé qui passe du milieu intra-utérin (feutré, aquatique) au milieu extérieur agressant (lumière, bruit). Les soins dont la mère va entourer le bébé vont alors lui permettre de supporter ce passage et de s’adapter à sa nouvelle vie.

L’accouchement est l’acte intense de la féminalité ; la façon dont il est vécu, la douleur de l’enfantement vont jouer sur les relations de la mère et de son enfant.

L’accouchement : une effraction sexuelle

Pour laisser naître le bébé il va falloir accepter de se laisser effracter physiquement au lieu même de notre sexe. La femme doit se trouver dans une position psychique et physiologique d’ouverture nécessaire à la venue au monde de son enfant. Cette expérience à laquelle nous sommes confrontées nous met dans une contradiction : d’un côté il faut tout relâcher et contenir la douleur ce qui permet à l’enfant de descendre et d’un autre côté, nous résistons à cette douleur ce qui fait encore plus mal et ralentit l’arrivée de l’enfant.

Certaines femmes font de la conception d’un enfant un acte inconcevable (certaines stérilités psychogènes, fausse-couche à répétition, IVG multiples). D’autres au moment d’accoucher demandent d’office une anesthésie péridurale voire générale, de ce fait, elles choisissent à leur insu de faire avorter une crise de la maternalité insoutenable pour l’intégrité de leur identité. En choisissant de gommer la douleur physique, elles se coupent de leur enfant, du ressenti corporel, du fait que cette douleur sert au passage de l’enfant et à l’accueil que l’on va lui faire. Il est vrai que la médecine obstétricale moderne ne prend pas en compte cette douleur sur le plan psychologique mais y répond juste au niveau physique en la gommant, en l’annulant et ce pour le plus grand confort des médecins.

De ce fait, le corps médical qui possède déjà une partie de la maîtrise de la conception des enfants (fécondation in-vitro, insémination artificielle..), possèdera la maîtrise de l’acte jusqu’à la naissance (déclenchement de l’accouchement, césarienne, forceps…) ; la position du médecin est alors toute puissante, il gère la situation, contrôle tout. Certaines femmes ont ensuite le sentiment de n’avoir pas pleinement vécu leur accouchement. Dans le cas de certaines pathologies, cette technique moderne est bien sur nécessaire pour la survie du bébé et de sa mère mais la technique est aussi très souvent utilisée alors qu’il n’y aurait pas lieu.

De nombreuses femmes, bien entendu, demandent que soit effacée cette douleur mais c’est souvent parce que rien d’autre ne leur est proposé, elles s’en remettent donc à la toute puissance médicale qui va décider quand et comment le bébé va naître. La douleur n’est pas expliquée, on propose juste de la gommer sans se soucier des conséquences psychologiques que cela peut avoir sur maman et bébé.

Certaines solutions existent pour se préparer psychologiquement et physiquement à accepter et à intégrer cette douleur : l’hypnose, l’haptonomie, une psychothérapie font partie des approches susceptibles d’aider certaines femmes à s’ouvrir et à accueillir leur enfant.

Le moment de la venue au monde du bébé est primordial ; il faudrait éviter le bruit, les lumières crues et violentes, les séparations brutales mère-bébé (sauf dans le cas d’urgence vitale bien entendu). Les premières heures sont essentielles pour la reconnaissance mère)-bébé, elles contribuent à l’établissement du lien qui va se tisser entre la mère et son enfant, ce premier lien est vital pour l’éclosion de l’amour maternel, le bébé peut alors être un véritable thérapeute pour sa mère.

L’anesthésie péridurale

Quatre fois sur cinq elles proposée et parfois même imposée dans certaines cliniques. Les femmes réclament cette anesthésie au nom du droit à ne pas souffrir. Or en proposant cela, quelle douleur endort-on ? L’angoisse qui s’exprimait aussi par la douleur est-elle dominée provisoirement ou définitivement ? Quelles conséquences sur la relation mère-bébé ?

L’auteur nous dit que vouloir éviter la douleur à tout prix est une économie de souffrances parfois fort coûteuse. En effet, peut-on éviter ce que contient la douleur, c’est-à-dire le travail de changement d’identité qui est à l’œuvre dans ce devenir mère.

La péridurale propose une coupure de soi-même, du bébé, de la douleur. La femme dans ce cas ne devient-elle pas spectatrice d’elle-même, elle assiste à son accouchement mais y participe-t-elle réellement, l’éprouve-t-elle vraiment ?

Quand l’anesthésie est inefficace (ce qui arrive parfois) la mère est alors submergée par cette douleur qu’elle refusait et à laquelle elle n’est pas préparée, elle s’affole, s ‘angoisse, des peurs de mort, de folie font surface, le vécu de l’accouchement est alors dramatique. Pour l’auteur le fait de proposer une péridurale systématique va dans le sens du refus de l’effraction. Ne serait-il pas préférable de préparer les mères à cette effraction, à cette expérience de passage et n’utiliser la péridurale que lorsque l’effraction est insurmontable. Il est vrai qu’une fois la douleur maîtrisée, le confort pour le personnel soignant est grand, plus de cris qui dérangent et bousculent…

Si une future mère ébauche de parler d’une peur, se plaint de quelque chose qui semble l’inquiéter, il est courant qu’elle reçoive en retour une réponse banalisant son propos. Les gestes sont techniques, cette surmédicalisation de la grossesse prive la femme de nombreux ressentis qui feront défaut pour la suite dans la relation avec son bébé. Or il est possible de se préparer à s’ouvrir, à accepter la douleur ; il faut cependant dire aux femmes qu’accoucher fait mal et qu’il faut apprendre à apprivoiser, à contenir la douleur, l’accepter pour qu’elle ne devienne pas intolérable ; il faut être attentive à soi-même et au bébé en soi, cela évite de se couper du bébé qui arrive.

L’haptonomie, en ce sens, peut être une aide essentielle, elle ne propose pas la non-douleur mais d’être totalement présente à soi et à son bébé. Elle suppose une préparation tout au long de la grossesse. Elle est fondée sur le toucher affectif et peut apporter beaucoup aux femmes pour envisager la naissance autrement. Elle permet de mettre au monde « affectivement » son bébé ; elle concourt à élargir le lien père-mère-bébé, ce contact à trois va tisser la future sécurité de base du bébé à naître, puis du nouveau-né. La maman apprend à se laisser aller, à habiter son corps.

L’haptonomie apprend à la future mère à ne pas se défendre, ne pas résister pour accueillir la douleur ; pendant l’accouchement, le père accompagne et soutient sa femme, il n’est plus spectateur mais devient acteur de la naissance de son enfant.

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Auteur : nathalie commincas infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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