Présentation de la structure, du service, de l'équipe et du rôle de l'EJE.Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg sont placés sous l'autorité d'un conseil d'administration présidé par le maire de Strasbourg, ou son représentant, et dirigés par un directeur général, représentant légal de l'établissement. Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg appartiennent à la catégorie des CHU (Centre Hospitalier Universitaire). Ce statut leur confère 3 vocations spécifiques : soigner, enseigner et chercher. Ils sont une entité juridique comprenant 6 établissements, très différents mais complémentaires, proposant 2535 lits et places. Près de 10000 personnes travaillent au sein ou pour ces établissements : l’hôpital civil, l’hôpital de Hautepierre, l’hôpital Lyautey, l’hôpital de l’Elsau, l’hôpital de la Robertsau et l’hôpital de la Faisanderie.
Soigner et réparer, tels sont les deux objectifs essentiels de ce service. De ce fait le soin prime sur tout le reste. Il m’a néanmoins été permis d’observer que lorsqu’un enfant revenait de la salle d’opération et qu’il était très fatigué et avait des douleurs, l’équipe médicale éteignait parfois des appareils de surveillance bruyants (capteurs) afin de permettre à l’enfant et à ses camarades de chambre de se reposer sans être dérangés par le bip intempestifs des appareillages. Il arrive aussi parfois que le personnel soignant « néglige » la toilette pour éviter des douleurs à l’enfant qui a encore très mal après une opération. Pour le bon déroulement du séjour de l’enfant, l’hôpital doit disposer de locaux adéquats.
Le service se situe au 2ème niveau de l’hôpital pour enfant. Il est de forme carré de manière à ce qu’il est possible d’en faire le tour. En effet, au centre se situent les salles de soins, de stockages de matériels divers, bureau des infirmières et autres locaux techniques. Le service comporte deux entrées qui mènent l’une au couloir des grands et l’autre au couloir des petits. L’ensemble du service peut accueillir jusqu’à 26 enfants.
2.1.1 - Le service des petits : 10 lits
Il se compose de 5 chambres, de deux lits chacune, ayant des portes vitrées pour assurer une meilleure surveillance des enfants. Les parents peuvent disposer d’un lit pliant pour passer la nuit avec leur enfant.
2.1.2 - Le service des grands : 16 lits
Il se compose de 7 chambres, 6 de 2 lits et une de 4 lits, n’ayant pas de portes vitrées, afin de respecter l’intimité des enfants. Les parents ont la possibilité d’accompagner leur enfant pour la nuit. Dans chaque chambre il y a un haut parleur relié à la salle de jeu permettant la diffusion de l’émission de radio (dont je reparlerais plus en détail plus tard). Au bout du couloir du service des grands se trouve la salle de jeu.
2.1.3 - La salle de jeu
C’est un espace ouvert, sans porte, dont l’entrée est uniquement délimitée par un baby-foot et une barrière sur roulettes. L’espace est rectangulaire avec un grand pilier central. Le mobilier se compose de quelques armoires contenant le matériel de jeu et de bricolage, une grande table ainsi qu’une petite avec les chaises assorties, des tablettes réglables pour permettre aux enfants alités de jouer et des « tableaux », sortes de plans inclinés permettant à l’enfant couché de dessiner, faire des puzzle, etc. On y trouve également un point d’eau. La salle de jeu permet de préserver à l’enfant malade un espace de jeu et de socialisation en dehors de la dimension du soin.
Les médecins : ils peuvent être externes, internes, chefs de clinique, praticiens hospitalier ou professeurs. Ils sont responsables des diagnostics et traitements de la maladie. Ils prescrivent les médicaments et les divers examens que doit subir l’enfant. Certains de ces médecins sont les chirurgiens qui ont opérés ce dernier. Ce sont également eux qui décident de la sortie de l’hôpital, lors de la visite quotidienne, en signant le bon de sortie.
Les puéricultrices ou infirmières : elles s’occupent du paramédical, c'est-à-dire qu’elles sont responsables des soins à l’enfant : soins des plaies, changements de pansements, mais aussi distribution de médicaments, pose de voies veineuses pour les perfusions, surveillance post-opératoire de l’enfant. Elles s’occupent également des soins de base, c'est-à-dire la toilette, la distribution des repas ainsi que du linge.
Les auxiliaires de puériculture : elles ont en charge tous les soins de base tels que la toilette ou les repas. Elles relèvent la température et la tension des enfants à différents moments de la journée, les accompagnent au lever et au coucher. Moins dans le paramédical, elles sont souvent plus proches de l’enfant. Elles s’occupent également de la gestion du matériel et du linge.
Les agents de service hospitalier : elles s’occupent du nettoyage de tous les locaux du service ainsi que de la distribution des repas. Elles participent aux transmissions afin d’être informées de l’état de santé des enfants, car elles les installent parfois pour les repas et doivent donc savoir quelle position est prescrite.
L’institutrice : l’école à l’hôpital n’est pas obligatoire. Ses cours durent de 30 minutes à 2h. Elle enseigne du CP à la terminale, en lien avec l’établissement scolaire de l’enfant. Tout comme l’EJE, l’institutrice doit jongler avec les visites et les examens afin que ceux-ci ne viennent pas perturber l’enfant en plein travail. Les deux professionnelles se mettent souvent d’accord pour la fréquentation salle de jeu- salle de classe. L’institutrice a aussi un rôle dans la prévention de l’échec scolaire, qu’elle détecte plus facilement, puisqu’elle est en relation individuelle avec l’enfant.
Le kinésithérapeute : il est responsable de la rééducation des membres opérés ou atteints par la maladie. Il participe ainsi au mieux-être de l’enfant qui se réapproprie son corps et ses mouvements. Il est parfois responsable de l’autorisation de sortie des enfants.
L’éducatrice de jeunes enfants : avec l'équipe soignante, elle accompagne l'enfant et sa famille pendant le séjour à l'hôpital. Par sa présence, et les moyens qu'elle met en place (écoute, jeux, activités, environnement, etc.), elle permet à l'enfant de continuer à vivre sa vie d'enfant.
Le point commun de ces différents professionnels est qu’ils participent tous à l’accueil et au bon déroulement du séjour de l’enfant malade et de sa famille. Néanmoins, il est important que chacun garde sa place et ses spécificités dans l’équipe afin de ne pas entrer dans les champs de compétences des autres professionnels.
Il y a toujours une puéricultrice (deux chez les grands) ainsi qu’une auxiliaire présente dans le service. Les équipent travaillent de 6h30 à 14h et de 13h30 à 21h. La garde de nuit est effectuée par une puéricultrice seule, de 21h à 6h45. Pour une bonne cohésion dans le travail, des transmissions sont faites à chaque changement d’équipe.
Les transmissions sont un moment où les professionnels se réunissent lors des changements d’équipe. On y aborde chaque enfant en détail : âge, pathologie, examens prescrits ou médicaments administrés, état physique et psychologique. Ce moment est essentiel au bon suivi de l’enfant.
L’éducatrice de jeunes enfants s’inscrit dans le projet de l’établissement qui a comme objectifs premiers de soigner et réparer afin de permettre à l’enfant de guérir et de se reconstruire. C’est en contribuant au mieux-être de l’enfant qu’elle favorise la guérison de celui-ci. L’EJE du service a mis en place dans la salle de jeu un système de fonctionnement et une organisation, pas toujours très bien compris par le reste du personnel, mais qui, de par sa continuité, a montré son efficacité. L’EJE est présente de 8h30 à 12h et de 13h30 à 16h30.
A son arrivée le matin elle commence par faire le tour des chambres afin de saluer les nouveaux arrivants et de savoir comment se portent les patients. Elle en profite pour permettre à l’enfant, grâce à l’écoute active, de s’exprimer sur son vécu, ses peurs, ses sentiments et émotions en général. Elle finit par dire à l’enfant le programme de la journée en salle de jeu et lui demander s’il souhaite passer, ce qui permet souvent d’atténuer la peur de l’inconnu. Si un enfant est en isolement où qu’il ne souhaite pas venir en salle de jeu, elle peut lui proposer des jeux ou activités en chambre, mais les cas sont rares. En effet, la salle de jeu est pour Marinette, l’EJE du service, une salle de vie où il est important que les enfants puissent entrer en relation avec les autres et éviter ainsi l’isolement dans les chambres.
Le matin les enfants sont de ce fait accueillis en salle de jeux seuls, sans visite. Un panneau à l’entrée de la salle de jeu permet d’en informer les parents, mais Marinette le fait automatiquement lorsqu’elle présente la salle de jeu aux nouveaux admis. D’abord choquée par cette règle, j’ai pu rapidement en voir tous les bienfaits. L’enfant et son parent, surtout si celui-ci est accompagnant, vivent dans la promiscuité de la chambre en permanence. Souvent les parents, culpabilisant, n’osent pas laisser l’enfant seul, ne serais ce que pour aller boire un café. L’EJE permet ainsi de faciliter la séparation parent-enfant, permettant à l’enfant de se retrouver dans un autre lieu que sa chambre pour faire des activités. Cela permet aussi le lien social, très important pour l’enfant hospitalisé. Dans le même temps l’expression des émotions est elle aussi favorisé par la rencontre d’enfants ayant les même pathologies (ou non).
L’après-midi est consacrée aux jeux de société ou autres jeux de groupe. Il n’y a pas d’activités et les parents sont invités à venir jouer avec leur enfant s’ils le désirent.