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L'EJE à l'hôpital - Moyens choisis

17/08/2008 - Lu 533 fois
En dehors de la parole ou des attitudes, les émotions peuvent s'exprimer aussi bien par la peinture, la musique ou encore le jeu, en suscitant le créativité des enfants.

5.1.4 - Plan d’action
Pour atteindre mon objectif, il m’a fallu trouver des moyens d’expression et des supports. En effet, en dehors de la parole ou des attitudes, les émotions peuvent s’exprimer aussi bien par la peinture, la musique ou encore le jeu. Mon rôle était donc d’offrir aux enfants ces supports d’expression.

J’ai volontairement choisi de ne pas me limiter à une seule forme d’expression, afin de pouvoir répondre aux besoins différents selon les enfants et également de voir laquelle privilégie l’enfant à l’hôpital.

Pour que l’expression des émotions de l’enfant soit concrètement reconnue et puisse également servir de support pour l’accueil de nouveaux arrivants, j’ai décidé de créer un cahier de vie dans la salle de jeu. Celui-ci pourra accueillir tout ce que l’enfant aura produit (dessins, récits, peintures,…) et pourra être montré aux nouveaux admis. C’est un moyen d’expression qui laisse une trace visible de ce qu’a vécu ou ressenti l’enfant à l’hôpital.

Un autre moyen d’expression est le dialogue, qui se fait par l’expression orale. Celle-ci peut se faire par la parole, mais également par le chant ou les émissions de radios que Marinette organise.
L’expression orale n’est pas toujours facile car : « le dialogue avec l’enfant n’est pas un dialogue comme les autres […] Le dialogue avec l’enfant est un dialogue de sourds.[…] L’adulte parle, l’enfant s’exprime. Il mime par ses jeux, son comportement. ». Pour dialoguer avec l’enfant, il est important de pratiquer l’écoute active. Selon Thomas Gordon, l’écoute active est constitué de plusieurs éléments : de l’écoute silencieuse, de l’accusé de réception, de la reformulation et des reflet des émotions. Elle permet notamment de ne pas laisser entrer ses propres émotions dans le dialogue. Pour dialoguer, il faut savoir écouter.

Selon Carl Rogers, psychopédagogue, « écouter c’est avoir la créativité nécessaire pour trouver un sens réel à ce qu’une autre personne nous communique » « écouter activement, c’est écouter une personne sans porter de jugement sur ce qu’elle dit et lui refléter ce qu’elle communique, de façon à lui indiquer que nous avons bien saisi ses sentiments ».

La pédagogie de Carl Rogers est une pédagogie centrée sur l’individu, la relation … De sa pédagogie ressortent 3 grandes attitudes pédagogiques, que j’ai adoptées sur mon terrain de stage :

Une attitude congruente, c’est à dire qui suppose une authenticité (ne pas cacher ses défauts, pas de masques …). La congruence peut être définie comme la cohérence interne de la personne en étant authentique et en étant réellement elle-même.

Installer une certaine considération, une acceptation, une confiance avec les enfants; de cette attitude est sous-jacent l’attitude de non-jugement de valeurs, tout ce qu’une personne fait ou dit est digne de respect.

Une attitude empathique : c’est aider la personne à vivre avec sa souffrance, accepter la souffrance d’autrui. La capacité à être empathique consiste à percevoir le cadre de référence interne d’une personne avec exactitude et avec les composantes émotionnelles et les significations qui s’y attachent sans être dans l’identification.

L’expression verbale m’a semblée importante dans ce projet car elle est omniprésente dans ce service qui accueille beaucoup de « grands » enfants. Néanmoins, cette forme d’expression ne laisse pas de traces visibles.

Pour que l’enfant puisse exprimer ses émotions, il faut entrer en relation avec lui. Il faut qu’il sache qu’il peut faire confiance à l’adulte. La répétition et les repères permettent cette mise en confiance : l’enfant acquiert peu à peu un sentiment de sécurité qui lui permettra de laisser libre cours à son expression. Celle-ci se fera cependant souvent par des chemins parallèles, les facultés du moi de l’enfant étant fragilisées, son psychisme aura tendance à recourir à des mécanismes de défenses, dont parlait Anna Freud, tels que la projection (attribuer à autrui ses propres émotions) ou l’indentification à l’agresseur (imiter les gestes vécu en se mettant à la place de l’auteur de ceux-ci).

La mise en confiance de l’enfant devra se faire par un passage journalier dans les chambres et en évitant toute action qui pourrait déstabiliser l’enfant. L’inconnu fait peur, il faut donc verbaliser. Il est important également que l’enfant sache qu’une parole dite sera tenue. Il faut donc, pour favoriser la confiance : toujours dire ce que l’on fait et toujours faire ce que l’on dit.

5.2 – Etablissement d’un échéancier

  • Du 17 au 24 mai : Observation et constat
  • Le 26 mai : Présentation du projet à l’EJE et validation
  • Du 26 mai au 6 juin : Préparation du projet
  • Du 6 juin au 24 juin : Mise en œuvre et évaluation
  • Le 24 juin : bilan final du projet avec l’EJE

5.3 – Les moyens nécessaires

Pour mettre mon projet en œuvre, il m’a fallu trouver un cahier pouvant recevoir les productions des enfants. Mon choix s’est arrêté sur un cahier à pochettes plastiques permettant l’insertion de toutes sortes de documents (voir annexe 2). Celui-ci est aussi facilement consultable par les nouveaux venus sans risque d’abîmer les dessins déjà contenus.

Il me fallait également des pochettes et des stylos pour proposer les feuilles en chambres, des photocopies couleurs ainsi que noir et blanc des différents dessins de bonhommes et de docteur (voir annexe 3).

J’ai aussi décidé de créer un personnage, accompagnant le cahier de vie, que j’ai affiché en salle de jeu afin d’attirer l’attention et d’éveiller la curiosité des enfants (voir annexe 4). J’ai décidé de l’appeler Scinti parce que j’ai pris du papier brillant et surtout en rappel d’un examen se faisant parfois dans le service: la scintigraphie; il y a ainsi un lien entre ce poisson et le lieu.

Enfin, j’ai rédigé et imprimé divers documents à l’attention de l’équipe (voir annexe 5), des enfants restant en chambres (voir annexe 6) et des enfants désirant voir le cahier de vie (voir annexe 7) afin de laisser une trace écrite de ce que j’aurais déjà transmis oralement, soit une sorte d’aide mémoire. J’ai également inséré en première page du cahier de vie un emploi du temps d’une journée à l’hôpital (voir annexe 8) afin non seulement d’éviter « l’angoisse du cahier vide », mais aussi de donner un support à la créativité de l’enfant qui, en lisant le déroulement de la journée, se réfèrera peut être à un moment inscrit dans le cahier afin d’écrire ou dessiner quelque chose.

5.4 – Les activités mises en place

J’ai choisi de me limiter à six activités que je répèterais plusieurs fois, selon les circonstances. J’ai tenté de faire des tableaux d’évaluation pour les activités pour lesquelles cela était possible. Mais dans le cadre de mon projet, évaluer l’expression des émotions me semble quelque peu subjectif. J’en reparlerais dans l’évaluation finale du projet.

  • Collage de pansements (Objectif opérationnel : Schéma corporel et image du corps; connaître son corps et le percevoir pendant la maladie)
  • Jeu du docteur (Objectif opérationnel : imiter, reproduire des gestes vus)
  • Expression libre en chambre (Objectif opérationnel : laisser une trace sur le cahier de vie)
  • Création d’une histoire (Objectifs secondaires : Imagination, Expression orale : savoir mettre sa pensée en mots, Social : prise de parole en groupe et respect de la parole de l’autre, Créativité : savoir rebondir sur une phrase de l’autre)
  • Echange oral, écoute passive (Objectif opérationnel : Entrer en relation avec autrui)
  • Jeu du loto (Objectif opérationnel : reconnaître les personnages, objets et instruments de l’hôpital)
     
Auteur : Bel Web infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur

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