Bonjour à tous,
Une information intéressante vient de paraître sur le site des ASH : la création d'un Diplôme Universitaire intitulé "Nouvelles parentalités, nouvelles pratiques : évolution des pratiques d'accompagnement et de soin" qui vise à "former des professionnels capables d'assurer une polyvalence pour faire face aux nouveaux enjeux sociaux et aux transformations des réalités familiales et sociales
".
A la lecture de cet article, je me suis d'abord réjouie de l'existence d'une formation d'un an sur l'accompagnement à la parentalité, mission hautement complexe des travailleurs sociaux et des soignants. Cette question fait déjà partie intégrante de notre formation d'EJE et nous savons qu'il est essentiel de s'y arrêter un moment, pour accompagner l'enfant et sa famille avec le plus de justesse possible. Réfléchir sur ce thème en le confrontant aux problématiques rencontrées dans le champs médico-social, grâce à des regards pluridisciplinaires, me paraissait répondre à un réel besoin.
Mais en lisant le contenu de la plaquette de présentation mise en ligne sur le site de la Faculté de Médecine de Brest, quelle déception de ne pas voir figurer la profession d'EJE citée dans le public visé ! Ni d'autres professionnels de la petite enfance telle que nos collègues puéricultrices d'ailleurs... Pas de petite enfance du tout en fait ! Le comble !
Alors comme ça les d'EJE ne seraient pas concernés par cette formation destinée aux institutions et professionnels spécialisés ? Et les CAMSP, les hôpitaux de jour, les services de pédo-psychiatrie, les CDEF, les IME, les pouponnières, les centres maternels, les CHRS... ? Ne sont-ils pas autant de lieux où les EJE exercent leur métier en complémentarité avec les autres professions sociales et soignantes ?
J'ose espérer que les responsables pédagogiques de ce DU n'ont fait là qu'un simple oubli. Mais j'avoue être agacée de constater qu'en 2008 on propose des formations sur la parentalité et que les EJE n'y sont pas conviés... et donc quelque part, non reconnus comme des travailleurs sociaux. Et je ne parlerai même pas de la reconnaissance du champs de la petite enfance « ordinaire » qui n'est pas cité comme l'un des lieux d'intervention clé en matière de parentalité, contrairement à l'école qui fait l'objet de tout un module...
Je profite donc de cette brève pour rappeler aux matelots de Passerelles-EJE, qu'il existe sur notre site de nombreuses discussions sur les champs d'intervention cités plus haut, même s'ils sont en minorité. N'hésitez pas à les enrichir de vos témoignages et de vos questionnements. C'est aussi grâce à vous que les représentations sur notre métier peuvent changer...
Sources : ASH, Faculté de médecine de Brest
Pasde0deconduite demande l’abrogation du décret créant le fichier "Edvige" qui non seulement ouvre la voie à la mise en fiche généralisée des mineurs de 13 ans mais encore instaure une surveillance très étendue des citoyens contradictoire avec un Etat de droit.
Lire la suite du communiqué Pasde0deconduite du 14 juillet 2008 (format .pdf 81 Ko)
Bonjour à tous,
Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux.Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.
Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org
Source : http://nonaedvige.ras.eu.org/
Bonjour à tous,
Le site de l'Assemblée Nationale a mis en ligne un projet de loi présenté par les députés MM. Jean-François LAMOUR, Patrick BEAUDOUIN,Philippe GOUJON, Claude GOASGUEN, Bernard DEBRÉet Mme Martine AURILLAC.
Dans leur exposé, les députés parlent des constats suivants : la France a un des plus hauts taux de natalité en Europe mais manque de places de garde pour les enfants de moins de 3 ans malgré le plan Petite Enfance de 2006.
Ils nous apprennent que le droit opposable au mode de garde annoncé par le ministre Xavier Bertrand pour 2012 et voulu par le président de la République fera l'oblet d'un projet de loi début 2009.
Afin de soutenir le développement de modes de garde dès maintenant, ce groupe de députés propose un certain nombre de proposition afin de "dynamiser ce secteur et en particulier celui des crèches d’entreprises qui connaît un véritable essor"
. L'objectif est clairement indiqué : il s'agit donc de donner un coup de pouce supplémentaire aux structures privées qui se développent depuis quelques années.
"Cette concertation doit dégager des propositions pour pallier le nombre insuffisant de coordinateurs diplômés dans les structures de la petite enfance, en particulier ceux relevant de la catégorie 1 (auxiliaires de puériculture, puéricultrices, infirmières)."On notera l'absence d'indication des éducateurs de jeunes enfants dans la liste des professionnels. La mobilisation sera donc encore nécessaire pour ne pas se faire oublier au sein de cette concertation si ce projet de loi est validé.
Nous attendions un rapport parlementaire au cours du mois de juin, nous trouvons un projet de loi au début de mois de juillet.
Hélas, ce projet n'est là que pour favoriser les entreprises de crèches et non l'ensemble des types de structures existantes. Alors que les structures associatives doivent s'en sortir avec de moins en moins de contrats aidés et une nouvelle convention collective à appliquer sans aides budgétaires, ce projet de loi vient seulement favoriser le secteur lucratif de la Petite Enfance. Or, pour répondre aux besoins des familles, il s'agit de développer l'ensemble des possibilités de garde pour créer un panel le plus large possible face aux multiples rythmes de travail que les parents rencontrent (temps complet, temps partiel, horaires décalés, horaires de nuit, semaine, week-end...) et non un seul secteur comme le prévoit ce projet de loi.
En savoir plus: N° 1016 - PROPOSITION DE LOI visant à diversifier l’offre de garde d’enfants
Une étude, réalisée en 2007 à Grenoble auprès de mille familles, permet, pour la première fois, de répondre précisément à ces questions. Et ses conclusions sont claires : les mères qui obtiennent une place en crèche se maintiennent plus facilement dans le monde du travail et elles portent un regard plus confiant sur leur enfant.
Réalisée par Eric Maurin, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, et Delphine Roy, doctorante, l'étude compare, au moment de l'inscription à l'école maternelle, les familles qui ont obtenu une place en crèche à celles qui se sont vu opposer un refus. "Au moment de la naissance du bébé, ces familles avaient des besoins et des attentes semblables en termes de travail et de garde d'enfants puisqu'elles se sont dirigées vers le même mode de garde, souligne Eric Maurin. En les comparant trois ans plus tard, nous pouvons mesurer l'impact de l'obtention d'une place en crèche."
L'étude, consultable sur le site du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), porte sur les familles ayant inscrit leur enfant à l'école maternelle, à Grenoble, en 2007. Trois ans auparavant, certaines avaient demandé une place en crèche : les deux tiers l'avaient obtenue, les autres s'étaient débrouillées avec d'autres modes de garde.
Parmi ces dernières, la plupart (40 %) avaient finalement opté pour une assistante maternelle, mais beaucoup (28 %), surtout dans les milieux défavorisés, avaient été obligées de garder elles-mêmes leur enfant. "Dans les milieux modestes, la crèche est le seul mode de garde payant réellement accessible", explique l'étude.
A Grenoble comme ailleurs, la naissance d'un enfant pèse lourdement sur la carrière des femmes : au cours des trois années qui suivent l'arrivée d'un bébé, le taux d'emploi des mères chute de 75 % à 60 %. Mais cette baisse est nettement plus prononcée chez les femmes qui n'ont pas obtenu de place en crèche : le recul de leur taux d'emploi est deux fois plus important que celui des autres. "L'amélioration très nette du taux d'emploi des mères dont l'enfant est pris en crèche repose tout autant sur un maintien plus fréquent dans l'emploi à temps complet que sur une meilleure progression de leur emploi à temps partiel", souligne l'étude.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette amélioration de la trajectoire professionnelle n'est pas réservée aux femmes les plus diplômées : elle bénéficie à toutes les femmes qui ont obtenu une place en crèche, quels que soient leur diplôme, leur niveau de qualification ou leur nombre d'enfants. "L'effet très positif de l'obtention d'une place en crèche est exactement le même, que l'on raisonne ou non à nombre d'enfants et diplôme de la mère fixés", note l'étude.
Les parents qui ont obtenu une place en crèche portent en outre un regard nettement plus positif sur leur enfant. Interrogés sur le langage, la sociabilité, le retard ou l'adaptation à la maternelle, ils se montrent plus confiants que les autres parents : 26,1 % des familles dont l'enfant était en crèche déclarent n'avoir "aucun souci" dans aucun domaine contre à peine 18 % des autres familles.
La crèche semble donc apaiser les inquiétudes des parents, qui sont en général plus marquées dans les milieux faiblement diplômés ou lorsqu'il s'agit du premier enfant. "Etre acceptées en crèche permet aux femmes faiblement diplômées d'accéder à peu près au même niveau de sérénité vis-à-vis de leur enfant que les mères très diplômées dont la demande a été refusée, résument Eric Maurin et Delphine Roy. Et elle diminue le niveau de souci vis-à-vis du développement de l'enfant à peu près dans la même mesure que le fait d'avoir déjà eu un enfant."
Anne Chemin
Article paru dans l'édition du 15.06.08.
Source : le Monde.fr
paru le vendredi 20 juin 2008 sur France24
A l'heure où Nicolas Sarkozy lance son plan banlieue, zoom en banlieue parisienne sur une crèche pas comme les autres. Reportage à Chanteloup-les-Vignes de Sylvain Rousseau.
Pour retrouvez la vidéo du reportage, allez sur le site de France24 | "Baby Loup", une crèche pas comme les autres.
La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) a été saisie, en qualité d'observateur (article 13 de la loi du 30 décembre 2004 portant création de la Halde), par un tribunal administratif dans le cadre de l'instruction d'un recours pour excès de pouvoir. Déposé par une association, celui-ci vise une commune ayant refusé d'annuler la délibération de son conseil municipal approuvant le règlement intérieur des établissements municipaux d'accueil de la petite enfance. La disposition contestée du règlement intérieur prévoit qu'"en crèche collective, compte tenu des modalités de confection des repas en collectivité et des exigences en matière de sécurité alimentaire, les régimes alimentaires particuliers ne peuvent être assurés". Cette disposition exclut, de fait, les enfants atteints d'une allergie alimentaire, du moins pour ce qui concerne le temps des repas. L'enjeu est loin d'être négligeable, puisque environ 10% des enfants sont atteints d'allergies alimentaires, avec des conséquences importantes pour la santé.
L'affaire n'est pas nouvelle : la Halde s'était déjà prononcée sur cette affaire par une délibération de son collège en date du 23 octobre 2006. Mais, tout en demandant le retrait de la disposition litigieuse, la Haute Autorité s'était finalement contentée d'un engagement écrit du maire - acté par une nouvelle délibération du collège en date du 26 novembre 2007 - affirmant son intention de commander des repas pour bébés entièrement sécurisés, dès qu'ils seront disponibles sur le marché.
Dans son avis en réponse à la saisine du tribunal administratif, la Halde revient en définitive à une position plus stricte, en indiquant "qu'il doit être procédé à l'annulation de la clause discriminatoire du règlement intérieur des crèches de la ville". Elle considère en effet que la clause contestée du règlement intérieur, "qui exclut d'office tout enfant atteint d'une allergie alimentaire d'un accueil en crèche sur le temps des repas, apparaît comme illégitime et disproportionnée et doit être considérée comme caractérisant une discrimination fondée sur l'état de santé". Sur un plan juridique, la Halde estime que "le refus d'accès à une crèche, fondé sur l'état de santé de l'enfant, contrevient aux dispositions de l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ainsi qu'aux dispositions des articles R 2324-17, R 2324-28 et R 2324-29 du Code de la santé publique". Sur un plan plus pratique, elle rappelle qu'il existe des solutions permettant d'accueillir en crèche des enfants souffrant d'allergies alimentaires, comme les paniers-repas préparés par les parents ou la mise en place, par la commune, de repas sécurisés.
Jean-Noël Escudié / PCA
publié le 20 juin 2008
Source : Localtis.info
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, directeur de recherches à l'Université Paris X, vient de publier dans la collection Temps d'arrêt, un livret intitulé Les dangers de la télé pour les bébés. Le texte peut être gratuitement téléchargé à cette page.
En voici le résumé :
Des chaînes pour bébés âgés de 6 mois à trois ans s’installent actuellement dans les foyers sous un argument éducatif. Le psychiatre Serge Tisseron soulève ici les questions qu’elles posent, notamment du point de vue de la santé mentale du tout petit.
En détournant le bébé d’activités qui engagent ses cinq sens, l’écran ne risque-t-il pas de l’éloigner d’une conscience de son propre corps et de perturber son rapport à lui-même et aux autres ? Que deviennent les processus d’attachement et d’identification face à un écran ? Les héros des programmes pour enfants deviendront ils leurs tuteurs et leurs guides, notamment pour la consommation de produits dérivés ? Et entre l’enfant qui regarde beaucoup la télé et l’adolescent scotché devant ses jeux vidéo, existe-t-il une continuité ?
Tous ces problèmes engagent la question de savoir quel type d’individus nous souhaitons pour la société de demain.
Les professionnels de l’enfance ont un rôle majeur à jouer dans la réponse à leur apporter.
La télévision, nocive pour les bébés, interview de de Serge Tisseron (2 minutes 20) est également visible en cliquant sur ce lien.
Source :Appel contre la fabrique des bébés téléphages
L’UNASEA (Union Nationale des Associations de Sauvegarde de l'Enfance, de l'Adolescence et des Adultes) met en ligne un site internet dédié à la réforme de la protection de l’enfance à destination de tous les professionnels du champ qui souhaitent notamment être informés de la mise en œuvre et du suivi de la loi du 5 mars 2007.
www.reforme-enfance.fr rassemble toutes les informations pratiques concernant l’actualité de la loi (publication et suivi des décrets), les premières applications sur le terrain, les formations ciblées, les ouvrages de référence...
Parallèlement, le site répond concrètement aux questions spécifiques que pose l’application de la loi, précise son esprit, diffuse les initiatives, analyse les articulations avec les autres textes existants.
Poursuivant la dynamique participative instaurée lors de l’élaboration de la loi - et confirmée par les travaux du groupe d’appui installé par l’UNASEA - www.reforme-enfance.fr a vocation à ce que tous les acteurs qui œuvrent dans le champ de la protection de l’enfance puissent apporter leurs contributions à cet outil pédagogique. Aussi, chacun est invité à enrichir le site par la présentation d’expériences, d’actions, de projets innovants ? et à faire part de ses questionnements sur les nouvelles procédures, l’évolution des pratiques professionnelles ou les dispositions du texte.
Par cet outil pratique, l’UNASEA souhaite favoriser la mise en œuvre de la loi, et accompagner efficacement les professionnels dans l’appropriation et l’application du texte... pour que vive la réforme !
Contact : UNASEA 118 rue du château des rentiers 75013 Paris unasea@unasea.org 01.45.83.50.60Source : OASIS
Quinze pour cent des enfants sont déjà en surpoids à la maternelle. Pour prévenir le développement précoce de l'obésité il est donc essentiel de comprendre l'impact des premières étapes du développement. Dans le cadre de l'étude Fleurbaix-Laventie Ville Santé II, des chercheurs de l'unité Inserm 780 "Recherche en épidémiologie et biostatistique", coordonnés par Marie-Aline Charles, montrent que toutes les périodes ne contribuent pas de façon identique au développement de la masse grasse à l'adolescence. Deux périodes semblent cruciales : les premiers mois de vie, puis après 3 ans. De même, la vitesse de croissance durant les premiers mois de vie n'aurait pas le même impact futur chez les filles et les garçons. Ces résultats sont publiés dans l'édition de juin de l'American Journal of Clinical Nutrition.
Un certain nombre d'études ont mis en évidence une association entre la prise de poids précoce (de la naissance à 5 ans) et l'obésité future. L'importance des premiers mois de vie et du rebond d'adiposité (augmentation de l'indice de masse corporelle vers 5-7 ans) ont notamment été soulignés. Toutefois, l'importance relative de chaque tranche d'âge et les différences potentielles entre filles et garçons n'avaient pas été étudiées.
Depuis 1992, les habitants de Fleurbaix et Laventie, deux communes du Nord-Pas de Calais, participent activement à une étude de prévention en santé (1). La phase 1 de l'étude (1992-1997) a consisté à peser et mesurer annuellement les enfants dans le cadre du suivi d'une éducation nutritionnelle délivrée à l'école par les instituteurs. La phase 2 de l'étude (1997-2002) visait à étudier les déterminants de l'adiposité et de la prise de poids en population générale.
C'est dans ce cadre que les chercheurs de l'Unité Inserm 780, coordonnés par Marie-Aline Charles, et le groupe d'étude Fleurbaix-Laventie Ville Santé (2) se sont intéressés pour la première fois au rôle des différentes phases de la croissance entre 0 et 5 ans sur la quantité de masse grasse observé à l'adolescence. A partir des mesures de poids et taille effectuées lors de la phase 1 de l'étude, complétées par des données issues du carnet de santé, les chercheurs ont établi un modèle mathématique leur permettant de calculer la vitesse de croissance (poids et taille) des enfants.
Les résultats montrent que les périodes de croissance ne présentent pas toutes les mêmes associations avec la masse grasse à l'adolescence : une prise de poids rapide à 3 mois, puis à partir de 3 ans présente la plus forte association avec le risque de surpoids ultérieur. Ainsi, à 3 mois, chaque augmentation de la vitesse de croissance de 143g/mois accroît le risque d'être en surpoids de 52%. Par contre, entre 1 et 2 ans la vitesse de prise de poids ne montre pas d'association avec la masse grasse ultérieure.
De même, des différences ont été observées entre filles et garçons. La vitesse de croissance des garçons à 3 mois est corrélée à la fois avec la masse grasse et la masse non grasse (représentée surtout par la masse musculaire) ultérieures. En revanche, une croissance rapide chez les filles à cette période se traduira surtout par une augmentation de la masse grasse. Cette période serait donc plus à risque chez les filles que chez les garçons.
Les chercheurs concluent que la petite enfance présente des périodes sensibles contribuant au risque de surpoids futur, c'est le cas vers 3 mois et après 3 ans. En revanche il semble y avoir des périodes où les ressources nécessaires au développement de l'enfant sont telles que le risque de stocker un excès d'énergie sous forme de masse grasse est faible. C'est probablement le cas entre 1 et 2 ans: une réduction des apports énergétiques à cette période pourrait alors être préjudiciable.
Deux autres études (anglaise et finlandaise) publiées dans le même numéro de l'American Journal of Clinical Nutrition soulignent les relations entre masse grasse à l'adolescence et à l'âge adulte et la croissance du poids dans les premiers mois de vie ou après deux ans.
Il reste à mieux comprendre quels sont les facteurs responsables d'une croissance trop rapide du poids dans les premiers mois de vie et après 3 ans. "Peut-on agir sur ces facteurs sans risque pour les autres aspects du développement ? Quelle est la part de l'expression précoce d'une prédisposition génétique ? Autant de questions auxquelles il faudra répondre avant de pouvoir engager une prévention précoce individuelle efficace du surpoids" précise Marie-Aline Charles.
Source : News Press 12/06/2008 16:55
Un DU sur les «Nouvelles Parentalités» mais...