Vous êtes ici >> Accueil/les brèves/L'UFAS-CGT s'inquiète de l'avenir de la formation en travail social

L'UFAS-CGT s'inquiète de l'avenir de la formation en travail social

Ajouté le jeudi 10 janvier 2008 - Auteur : mercredhi

Les difficultés de recrutement s'ajoutent aux besoins de renouvellement en personnels, qui s'élèvent à 20 % par an pour les éducateurs spécialisés, les assistants sociaux et les moniteurs-éducateurs, a rappelé Henri Saint-Jean, formateur à l'Institut méditerranéen de formation et de recherche en travail social de Marseille (IMF), et animateur du collectif fédéral des personnels des centres de formation des travailleurs sociaux. En cause, une pyramide des âges déséquilibrée entre les départs en retraite prévus dans les années à venir et l'arrivée insuffisante sur le marché de professionnels qualifiés.
La tendance est d'ailleurs à la déqualification des personnels (80 % des salariés intervenant auprès de la petite enfance et des personnes âgées sont de niveau V), accentuée par la féminisation des salariés non cadres.
Des éléments cohérents avec la récente enquête emploi d'Unifaf, l'OPCA de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif, selon Annie Léculée et Joëlle Loussouarn, respectivement vice-présidentes (CGT) d'Unifaf et de son observatoire.

L'Union fédérale de l'action sociale (UFAS)-CGT a exprimé ses craintes, mercredi 9 janvier à Paris, sur la situation des centres de formation en travail social, confrontés à des problèmes certes déjà anciens mais qui se trouvent accentués par la décentralisation et le transfert de leur financement aux régions.
Chargés de répondre aux difficultés rencontrées par le secteur médico-social, en termes de recrutement et de déqualification des personnels (voir encadré), les instituts du travail social (ITS) éprouvent de plus en plus de mal à assurer leurs missions du fait de contraintes budgétaires essentiellement.
Ils accusent en effet, selon une estimation partagée par la CGT et l'Association des régions de France (ARF), un déficit de 60 millions d'euros, nécessaires "pour respecter les dotations que l'Etat devrait verser aux régions pour rééquilibrer les comptes".

Un déficit de 60 millions d'euros

Et ce, hors frais de rénovation, qui apparaît pourtant de plus en plus urgente, des locaux vétustes et inadaptés de beaucoup des 342 ITS recensés en France.
Or, pour Gérard Levasseur, membre de la délégation CGT au conseil économique et social (CESR) de la région Poitou-Charentes, "les conseils régionaux ne peuvent pas supporter seuls la responsabilité de la question des moyens", qui les contraint à prendre des choix préjudiciables à la qualification de l'ensemble de la filière sociale et à la qualité du service rendu aux usagers.
A ce jeu-là, dans un contexte où, qui plus est, "les territoires sont mis en concurrence, les régions les plus pauvres se trouvent défavorisées" par rapport aux plus riches, qui peuvent se permettre de renoncer aux compensations financières de l'Etat pour soutenir leurs ITS, a-t-il encore souligné, comme cela a été le cas par exemple pour l'IRTS de Poitiers.

Territoires en concurrence

Et contrairement aux attentes, la validation des acquis de l'expérience (VAE), telle qu'elle est généralisée aujourd'hui, n'a pas atténué les tensions dans la formation sociale, où elle risque au contraire d'introduire des certifications à moindre coût, craint l'UFAS-CGT.
La situation délicate des centres de formation se traduit enfin, pour l'organisation, par la précarisation et la diminution du nombre de postes de formateurs permanents, d'où "une explosion du nombre de vacataires et de CDD", sur fond d'augmentation des tâches administratives au détriment des tâches pédagogiques et de l'accompagnement personnalisé d'étudiants de plus en plus nombreux.
La fédération syndicale en veut pour preuve le cas extrême de l'ITS Pierre-Bourdieu de Pau, où la réorganisation du temps de travail des salariés fait l'objet d'une procédure devant le conseil des prud'hommes, qui doit rendre sa décision en appel le 31 janvier prochain, après deux premiers jugements favorables aux salariés.

Sources : ASH

News suivante »
1er trimestre 2008 : le programme EPODE s'étend à la petite enfance

Pas de commentaires, soyez le premier à commenter cette brève !

Pour ajouter un commentaire, vous devez être membre de notre site !
Vous pouvez le faire ici Votre espace personel

| Lettre d'information | Plan du site | les Membres | les auteurs | Nous recommander |