La Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants s’associe à l’inquiétude légitime que les professionnels, les centres de formation et leurs instances représentatives (AFORTS, GNI), les étudiants en formation, manifestent concernant le décret n°2008-96 du 31 janvier 2008 relatif à la gratification et au suivi des stages en entreprise.
Si la FNEJE est en accord avec le principe d’une gratification des stagiaires qui établit une équité de traitement entre tous les étudiants de l’enseignement supérieur, dont nous connaissons la situation souvent précaire, elle ne peut accepter que le décret d’application de la loi du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances pose d’emblée un traitement discriminatoire par une inégalité de traitement des stagiaires entre le secteur privé et le secteur public.
Par ailleurs si la reconnaissance des formations en travail social, comme faisant partie de l’enseignement supérieur, peut paraître une avancée, il est à craindre que le principe de la gratification des stagiaires ne vienne mettre en péril les fondements même de la formation :
Quelle formation veut-on pour les travailleurs sociaux de demain ? Cette spécificité des formations du social où les professionnels de terrain se sont toujours impliqués dans la professionnalisation des travailleurs sociaux est une richesse à laquelle nous ne voulons pas renoncer.
Devant l’absence de financement prévu pour accompagner la mise en place de la gratification des stagiaires, devant les inégalités de traitement introduite par une différenciation entre secteur public et privé, la FNEJE très inquiète des répercussions de ce décret pour l’avenir de notre profession et de sa formation soutient et s’associe aux actions menées par les étudiants, les centres et instituts de formation, les professionnels formateurs de terrain afin d’être entendu des pouvoirs publics.
Fait le, 2 avril 2008 à Nantes
La Fédération Nationale
des Educateurs de Jeunes Enfants
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