«C’est de l’incitation au retour de la femme au foyer!» Conseiller communal à Vallorbe, Thierry Goël a vu sa facture mensuelle de garderie augmenter de 50% (de 180 fr. à 270 fr. pour deux matinées). La raison de cette hausse? La mise en place de la nouvelle loi vaudoise sur l’accueil de jour des enfants (LAJE). Une pilule qu’il a de la peine à avaler, comme nombre de parents vaudois.
Adoptée en 2006, la LAJE vise pourtant à simplifier la vie des familles en stimulant la création de crèches. Mais le passage de la théorie à la réalité ne se fait pas sans grincements de dents. Payernois, Vallorbiers et Chablaisans critiquent des tarifs fixés au pro rata des salaires. «Et qui pèsent toujours sur la classe moyenne», grommelle Thierry Goël.
Des critiques entendues par la Fondation pour l’accueil de jour des enfants. «C’est difficile de mettre d’emblée en place une politique tarifaire pertinente», constate Anne-Marie Maillefer, secrétaire générale. Pour garantir que les crèches demeurent accessibles financièrement sans trop peser sur les finances communales, la fondation va simuler des situations pour trouver le juste prix. «Mais les changements ne se feront pas d’un coup de baguette magique!»
Le manque de souplesse du système est aussi critiqué. Des parents se sont même résolus à déménager pour ne pas effectuer des détours entre la garderie de leur réseau et leur lieu de travail.
Loin de vouloir renvoyer les femmes aux fourneaux, la loi sur l’accueil de jour vise à mieux répondre aux besoins des familles. Elle a pour ambition de créer 3000 places d’accueil d’ici à 2011, en plus des 12 000 déjà existantes. Depuis l’entrée en vigueur de la loi, 28 réseaux ont vu le jour, englobant 345 des 375 communes vaudoises. Près de 850 places supplémentaires ont déjà pu être ouvertes. Le financement est partagé entre parents, entreprises, cantons et communes.
par Carole Pantet Source : 20minutes.ch
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