Le 6 mai 2009, le Conseil d’Administration de la CNAF (Caisse nationale d’allocations familiales) a entériné le dispositif des « jardins d’éveil ».
Lundi dernier, Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, a lancé publiquement l’appel à candidatures pour les jardins d’éveil, un nouveau mode de garde expérimental, à Ville-en-Tardenois (Marne), en présence de Catherine Vautrin, Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, Députée de la Marne, ancien ministre, et des représentants de la CNAF, de l’UNAF, de l’AMF et de la MSA.
Pour le Gouvernement, « les jardins d’éveil constituent une nouvelle offre d’accueil pour les enfants de 2 à 3 ans adaptée aux besoins des parents et aux contraintes des territoires. » Le financement s'élèvera à environ 25 millions d'euros, et sera assuré par la branche famille de la Caisse d'allocations familiales (CAF).
La première phase de la mise en œuvre du dispositif est expérimentale : d’ici à 2012 elle portera sur 8 000 places. Le dispositif doit donner lieu à une évaluation régulière.
La création de ces places d’accueil, avec ce nouveau dispositif, s’inscrit dans le développement de la garde d’enfant, qui, d’ici à 2012, doit permettre d’offrir 200 000 nouvelles places, diversifiées et adaptées aux réalités du terrain.
Pour autant, toutes les réactions à l’annonce de ce dispositif ne sont pas enthousiastes. La ville de Paris a par exemple d’ors et déjà annoncé qu’elle ne se portera pas candidate à la création de « jardins d’éveil ».
En effet, si les « jardins d’éveil » augmenteront la capacité d’accueil des moins de 3 ans, certains y voient une dégradation des conditions de garde. Pour « justifier » sa décision, la ville de Paris fait par exemple trois griefs au nouveau dispositif.
Le projet de jardins d’éveil prévoit un abaissement des normes d’encadrement des enfants telles que pratiquées actuellement dans les crèches (jusqu’à un adulte pour 12 enfants au lieu d’un adulte pour 8 enfants).
La création de ces jardins fragilise l’école maternelle. Selon la ville, la communauté scolaire y voit une nouvelle occasion pour le Ministère de l’Education nationale de se désengager de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, voire au-delà, pour des raisons strictement budgétaires, en faisant porter la charge financière sur les collectivités locales et les familles. Cela n’est pas sans conséquence, notamment à Paris puisque « aucune mesure d’ouverture de poste n’a été prise ces dernières années pour accueillir ces enfants à l’école, dont l’accès est gratuit contrairement aux jardins d’éveil. »
Le recul de la scolarisation précoce pose des problèmes pédagogiques. En effet, certains considèrent qu’elle peut conditionner le futur parcours scolaire, notamment des enfants issus des milieux les moins favorisés. « A Paris, il convient de souligner que la très faible scolarisation des enfants de moins de trois ans (2% contre 21% au niveau national) s’est encore accentuée ces dernières années : 2514 enfants de moins de trois ans étaient scolarisés en 2000/2001, ils ne sont plus que 1206 (dont 668 dans le secteur privé) depuis la rentrée scolaire 2008 (à titre de comparaison, 13 000 enfants de 2-3 ans sont accueillis dans les établissements parisiens de la Petite enfance). » explique la Colombe BROSSEL et Christophe NAJDOVSKI, adjoints au maire.
Pour ces raisons, la Ville de Paris ne se portera pas candidate à la création de « jardins d’éveil ». Elle réaffirme son engagement pour la défense de l’école maternelle et entend que le Ministère de l’Education nationale prenne toutes ses responsabilités en matière de scolarisation des enfants de 2 à 3 ans. Elle appelle par ailleurs le gouvernement à mettre en place un véritable service public de la Petite enfance. La Ville de Paris a aussi annoncé qu’elle « poursuivra quant à elle sa politique volontariste de création de places d’accueil pour les enfants de 0 à 3 ans, avec la création de 4500 places supplémentaires durant cette mandature, tout en garantissant la qualité de l’encadrement et du projet pédagogique. »
Il est trop tôt pour annoncer si la position de la capitale sera suivie par d’autres collectivités, mais le débat devrait se poursuivre durant toute la période d’expérimentation.
Notons enfin, qu’à l’occasion du lancement de l’appel à candidatures, la secrétaire d’Etat chargée de la Famille a également présenté un kit "diversifions l’accueil d’enfants, développons le soutien aux familles" à destination de l’ensemble des Maires de France. Il doit « les aider au quotidien dans leur action en faveur de la politique familiale ». Ce kit détaillera la palette des modes de garde d’enfants qu’un maire pourra concrètement mettre en œuvre sur le terrain, notamment « grâce à l’effort de 1.3 milliards d’euros supplémentaires consenti dans le cadre de la de la Convention d’Objectif et de gestion pour 2009-2012 signée entre l’Etat et la CNAF ».
Pour en savoir plus :Source : secteur-public.fr
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