
Bonjour à tous,
Passerelles-EJE vous tient au courant des dernières actions du collectif "Pas de bébés à la consigne". Comme vous l'avez peut-être déjà lu par ailleurs, une proposition de loi a été faite par un groupe de sénateurs sur les maisons d'assistantes maternelles, expérience initiée en Mayenne. Le collectif a interpelé les sénateurs, membres de la commission des affaires sociales du Sénat et des Présidents des groupes politiques. En effet, ce projet déjà présenté lors du PLFSS 2010 revient à l'actualité par une proposition de loi qui reprend les termes qui avaient été amendés lors du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (article 46 et suivants pour mémoire). Je vous en copie ci-dessous le courrier adressé à ces sénateurs, ainsi que l'argumentaire du collectif sur ce projet de loi.
A l'attention des membres de la Commission des Affaires sociales du Sénat et des Présidents des groupes politiques du Sénat
Madame la Présidente, Monsieur le Président,
Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,
La Commission des Affaires sociales du Sénat va examiner le 22 décembre une proposition de loi relative à la création des Maisons d'assistants maternels. Je vous transmets ci-joint les observations sur ce texte du collectif "Pas de bébés à la consigne" qui regroupe de très nombreuses associations et syndicats de professionnels de la petite enfance et de l'éducation, ainsi que des organisations familiales et parentales. Nous y développons les arguments précisant en quoi la proposition de loi relative aux maisons d’assistantes maternelles ne permet pas de satisfaire aux exigences minimales pour un dispositif qui correspond dans les faits à une structure d’accueil collective de près d’une vingtaine de jeunes enfants : insuffisance de qualification et d’expérience de l’accueil collectif pour les assistants maternels, absence de réglementation formalisée de fonctionnement et défaut d’encadrement et de dispositif de régulation de la structure. Nous demandons que la proposition de loi soit retirée en l'état et que soit abandonnée la possibilité pour les assistants maternels de se regrouper sans encadrement et normes de fonctionnement, et nous précisons dans notre argumentaire quelles sont les normes minimales à préserver pour l'accueil de jeunes enfants dans une telle structure collective. Les représentants du collectif se tiennent à votre disposition pour tout échange supplémentaire sur cette proposition de loi.
En vous remerciant de l'attention que vous pourrez porter à nos analyses et à nos demandes, je vous prie de croire, Madame la Présidente, Monsieur le Président, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, à l'expression de toute ma considération.
Pour le collectif "Pas de bébés à la consigne" ,
Pierre Suesser, Collectif "Pas de bébés à la consigne" (président du SNMPMI)
Argumentaire concernant la proposition de loi relative à la création de maisons d’assistants maternels( fichier .pdf 184ko)
Signataires : AFPEN (Association Française des Psychologues de l'Education Nationale), ANAP (Association Nationale des Auxiliaires de Puériculture), ANAPSYpe (Association NAtionale des PSYchologues pour la petite enfance), ANPDE (Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiantes), Association Pikler Loczy, CADRESPE (Collectif national Associatif de Directeurs et Responsables d'Établissement, et Services Petite Enfance), CEEPAME (Comité d'Entente des Ecoles Préparant aux Métiers de l'Enfance), CEMEA (Centres d'Entrainement aux Méthodes d'Education Active), CERPE (Centre d'Etudes et de Recherches pour la Petite Enfance), CFDT Interco des Services Publics Parisiens, CGT (Confédération Générale du Travail), CGT Crèches et Pmi 93, CGT Educ'action, CGT Fédération des Services Publics, CGT Petite enfance Ville de Paris, CNDF (Collectif National pour les Droits de Femmes), La CSF (La Confédération Syndicale des Familles), Fédération CFDT Interco, FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves), FNEJE (Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants), Fédération SUD santé-social, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), Femmes Solidaires, IRAEC (Institut de Recherche Appliquée pour l'Enfant et le Couple), Passerelles-EJE, Réseau féministe Ruptures, SE-UNSA (Syndicat des Enseignants du premier degré et du second degré d'UNSA Education), SNP (Syndicat National des Psychologues), SNMPMI (Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile), SNPI-FSU (Syndicat National des Personnels d’Inspection), SNU CLIAS-FSU (Syndicat National Unitaire des Collectivités Locales), SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et PEGC de la FSU), SUPAP-FSU, (Syndicat Unitaire des Personnels des Administrations Parisiennes), UFAL (Union des FAmilles Laïques), UFNAFAAM (Union Fédérative Nationale des Associations de Familles d’Accueil et Assistantes Maternelles), UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes), UNSA Education, UNSA Petite enfance Ville de Paris, USD Santé et Action sociale CGT Paris
Site : www.pasdebebesalaconsigne.com
Les Commentaires
je pense que les regroupements d'assistantes maternelles ont effectivement besoin d'un accompagnement interprofessionnel, surtout dans le contexte actuel de déréglementation : c'est indispensable à leur permanence...
Cela étant, on ne le répètera jamais assez : même si des élus utilitaires comptent ainsi "s'offrir" des lieux d'accueil à bon compte, même si l'environnement devient de moins en moins favorable en raison de la remise en cause sous-jacente ou réelle des échelons intermédiaires ( communes, départements, PMI, etc. ), même si les conséquences à moyen et long terme de la montée en puissance des regroupements n'ont pas encore été vraiment mesurées, même si les Assistantes Maternelles ne sont pas toujours préparées aux difficultés du travail collectif, il n'en reste pas moins que les regroupements d'assistantes maternelles constituent une véritable planche de salut pour des professionnelles du secteur rural confrontées : 1°) à la fuite des parents : un phénomène sournois lié aux effets pervers de la PSU ; les parents n'hésitent plus, en effet, à faire faire des kilomètres tous les matins aux petits pour les placer à proximité du lieu de travail, le but de la manoeuvre étant, bien sûr, d'économiser sur la PSU 2°) à la concurrence sauvage de certaines associations nationales, des entreprises et des micro-crèches, qu'elles soient publiques ou privées...
Certains départements progressistes l'ont déjà bien compris : le regroupement aide les assistantes maternelles à se maintenir en milieu rural. C'est ainsi que le Maine-et-Loire vient de créer un emploi de chargé de mission "regroupement" pour aider les assistantes maternelles ; le Finistère subventionne d'ores-et-déjà les regroupements faisant appel à des intervenants interprofessionnels, etc. Au-delà de la Mayenne, c'est désormais l'Ouest qui se mobilise afin de sauvegarder ses AssMats : une tendance qui devrait interpeler car l'Ouest a toujours été à l'avant-garde de l'initiative sociale dans notre pays.
Je me pose donc des questions et je me demande si "Pas de bébés à la consigne" n' est pas en train de se tromper de combat : au moment même où la transposition de la directive "services" est en train d'évoluer de la façon la pire qui soit, c'est-à-dire en devenant, à bas bruit et de façon indolore, un formidable zinzin à marchandiser tout le secteur public et non lucratif à partir du 1er janvier, on pond un texte aux connotations un tantinet stigmatisantes pour les AssMats, ces pelées, ces galeuses, alors qu'il y aurait bien mieux à faire pour défendre le secteur...
Oui, les regroupements sont possibles à condition qu'on leur fournisse un accompagnement, comme dans le Finistère. Oui, ils sont possibles pourvu qu'on arrête immédiatement de démanteler le secteur en transformant, comme on le fait actuellement, les relais assistantes maternelles en guichets uniques, ce qui me paraît encore plus dangereux qu'autre chose.... Non, les regroupements ne doivent pas servir d'alibi à la privatisation. Oui, il faut prendre en compte l'aspiration légitime des assistantes maternelles du secteur rural à sauvegarder leur emploi !
En ce moment, des assmats sont obligées de vendre leur maison pour pouvoir continuer à exercer : sortons quand même un peu de notre cocon et essayons de voir la réalité en face.
Amitiés à tous.
germain
Amitiés à tous.
germain