Bonjour à tous,
Le droit d’accueil du jeune enfant est une dimension essentielle d’une stratégie plus globale d’investissement dans le capital humain et de lutte contre la reproduction intergénérationnelle de la pauvreté. Dans cette perspective, il serait nécessaire de viser les enfants et les mères défavorisés grâce à des interventions associant l’accès à des modes de garde de bonne qualité, l’amélioration des compétences parentales, la promotion de la santé et le retour vers l’emploi.
Le Centre d'Analyse Stratégique,ex-commissariat au Plan, vient de publier une note de veille (N°107, juillet 2008) sur le droit opposable au mode de garde.
Celle-ci propose une approche originale de la question, à travers ses enjeux sociaux et éducatifs. L'étude invite en effet à considérer le droit à l'accueil du jeune enfant comme "une dimension essentielle d'une stratégie plus globale d'investissement dans le capital humain et de lutte contre la reproduction intergénérationnelle de la pauvreté". Elle rappelle en effet que "la privatisation de la prise en charge des petits enfants peut être un puissant mécanisme de reproduction intergénérationnelle des inégalités". En d'autres termes, une garde exclusive par une mère défavorisée ou un entourage familial défavorisé risque de peser sur les capacités de développement cognitif de l'enfant et - plus tard - sur son parcours scolaire. A l'appui de cette thèse, le CAS passe en revue un certain nombre d'études à caractère sociologique ou psychologique, montrant que les écarts importants dans les capacités cognitives sont très corrélés au niveau d'éducation de la mère et au niveau du revenu.
Dans ces conditions, "l'accès des enfants aux crèches et à des établissements préscolaires de grande qualité est une mesure efficace en faveur de l'égalité des chances, dont les plus défavorisés tirent les plus grands bénéfices". Or, ce sont précisément les parents peu diplômés, pauvres ou migrants qui recourent le moins ou accèdent le plus difficilement aux modes de gardes collectifs pour leurs enfants. Le CAS préconise donc de prendre en compte cette dimension sociale et éducative dans la mise en place du droit opposable. En pratique, il s'agirait de favoriser l'accès des familles les moins favorisées aux crèches, le recours aux assistantes maternelles étant jugé moins pertinent dans ce cas de figure.
Sachant que les modes de garde collectifs sont aussi les plus coûteux (environ 11.000 euros par place en investissement et 13 à 15.000 euros par an et par place en fonctionnement), le CAS est conscient qu'une telle approche conduirait inévitablement à faire des choix. Ceux-ci risquent de se trouver en contradiction avec les politiques des communes qui, tout en étant ouvertes au rôle social des crèches (notamment à travers une tarification allant jusqu'à la gratuité), s'efforcent à la fois d'assurer une certaine mixité sociale et de préserver leurs recettes en atténuation (les familles aisées acquittant le tarif maximal). La note du CAS juge cependant nécessaire d'aller même au-delà de la seule question des modes de garde, en préconisant "un meilleur accompagnement global de la mère et de l'enfant défavorisés [...] dès la phase prénatale". Une prise de position qui confortera les communes et les départements engagés dans le financement d'action de soutien à la parentalité.
Pour retrouver la note (format PDF 426 ko), ANALYSE Droit d’accueil du jeune enfant : une double exigence qualitative et quantitative.
Source : Localtis.info
Bonjour à tous,
Je vous fais part d'un appel du MIHL (Mouvement Interdisciplinaire pour un Humanisme Laïc) qu'un de ses coordinateurs, Joël Dutertre, m'a informé sur mon blog. Cet appel est aussi soutenu par la CPO (Conférence Permanente des Organisations professionnelles du social) dont la FNEJE est adhérente. N'hésitez pas à commenter cet appel dans les commentaires de cette brève.
Nous sommes tous actifs dans les métiers de l’action sociale, au sens large.
Salariés sur fonds publics et exigeant légitimement d’en vivre décemment, nous n’avons pas choisi cette voie pour faire du « business », mais par souci d’humanité et de justice.
Beaucoup d’entre nous sont quotidiennement au contact direct des gens qui souffrent et qui ont des besoins ou des demandes spécifiques. Chaque jour, ils posent des actes professionnels. Ce ne sont pas des métiers d’ « exécution », mais d’initiative et de responsabilité.
Aujourd’hui, cinq ans après les états généraux de 2004, où en sommes-nous ?
De manière générale, la situation des classes exclues, pauvres ou marginalisées, de même que celle des jeunes s’aggrave.
Les salaires stagnent par rapport aux revenus du capital.
Alors le social trinque et il trinquera demain plus encore. Pourtant protégé par la Constitution, il est devenu une variable d’ajustement. Alors que notre pays est riche ! C’est donc une affaire de choix politiques et tout spécialement de choix de politique sociale.
La relance par le haut prônée par l’actuel gouvernement est sans effet économique tangible. On assiste au contraire à un renforcement des inégalités et à un recul global des systèmes de redistribution et de partage de la richesse.
Voyons cela plus en détail.
Voilà pourquoi, il est temps de (re)prendre une fois encore la parole, tous ensemble, pour dire plus haut et plus fort : « ça suffit ».
Voilà aussi pourquoi, il importe de ne pas le faire tout seuls, mais avec tous ceux qui veulent préserver une certaine idée du social, y compris quand l’intendance ne veut pas suivre.
On pense évidemment aux cadres, aux fonctionnaires, aux administrateurs, aux bénévoles, aux élus, aux universitaires et chercheurs, et, bien évidemment, aux usagers. Certains nous ont déjà rejoints dans nos mobilisations.
Des mobilisations, il en existe beaucoup dans toute la France, mais plus souvent locales que nationales, et cette dispersion est sans doute ce qui fait notre commune faiblesse.
Voilà pourquoi, un collectif composé pour l’heure de trois organisations, dont l’une est déjà un groupement, à savoir : la CPO (conférence permanente des organisations professionnelles du social), le MILH (Mouvement Interdisciplinaire pour un Humanisme Laïc) et 789 radio sociale, vous propose, dans un premier temps, de rejoindre une université de rentrée, les 4 et 5 octobre 2008, à Paris.
Ce sera l’occasion de faire le point, de rapprocher les expériences, de confronter les analyses et surtout de décider des suites à donner.
Au plan pratique, pour des raisons faciles à comprendre, nous n’assurerons ni prise en charge ni logement ni restauration. À chacun de prendre ses responsabilités.
Nous retiendrons seulement un lieu permettant tout à la fois de travailler en petits et en grands groupes. Nous avons également imaginé une soirée plus conviviale, mais sans repas. Des précisions sur le lieu seront fournies début septembre.
Sans parler d’inscription, il serait néanmoins important de savoir quelles sont vos intentions. Pour cela une seule adresse mail durant l’été: jacques1@cegetel.net
Merci à tous et à très bientôt.
Pour la CPO : François Chobeaux : www.cemea.asso.fr/spip.php?rubrique380 Pour le MILH : Joël Dutertre : joel.dutertre@free.fr
Pour 789 radio sociale : Martine Pottier ; www.789radiosociale.org
La députée UMP Michèle Tabarot a remis le 23 juillet au Premier ministre son rapport sur le développement des systèmes de garde pour les jeunes enfants, en prévision de la mise en œuvre du droit opposable à la garde d'enfant, annoncée par Nicolas Sarkozy d'ici 2012.
François Fillon lui avait confié en février la mission d'identifier les besoins en garde d'enfant, qu'elle estime dans son rapport à 320.000 places, "en assurant l'épanouissement des enfants et favorisant la maîtrise de la dépense publique". Le Premier ministre "s'est félicité" que le rapport "respecte" ces objectifs, selon un communiqué de Matignon, citant notamment la création de "jardins d'éveil" pour les enfants de 2 à 3 ans, "une proposition particulièrement pertinente".
S'agissant de la mise en œuvre du droit opposable à la garde d'enfant, le Premier ministre a rappelé "qu'il convenait avant tout d'améliorer l'accompagnement des parents, afin de les guider au mieux dans leur recherche d'un mode de garde adapté à leurs besoins", selon le communiqué. Il a indiqué que "les ministres engageront dès la rentrée une concertation sur les différentes propositions du rapport afin de pouvoir le mettre en œuvre le plus rapidement possible". Dans son rapport, dans lequel elle propose une loi de programmation sur l'offre d'accueil, Michèle Tabarot estime souhaitable "un temps de garde parentale dans les tout premiers mois de la vie", qu'elle situe entre "6 et 12 mois", avec une implication des deux parents.
Le rapport préconise la création de "jardins d'éveil" pour les 2-3 ans, le développement de moyens innovants d'accueil comme les crèches d'entreprises, ou le regroupement des assistantes maternelles, et l'assouplissement des normes d'encadrement. Il propose un congé parental plus court et mieux rémunéré, favorisant la participation des pères.
Les mesures pourraient être financées, indique Michèle Tabarot, par les excédents cumulés de la branche famille 2009-2012, estimés entre 13,5 et 15,9 milliards d'euros.
Pour en savoir plus
Téléchargez le rapport Tabarot sur le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance (pdf, 1,25 Mo)
les annexes : Rapport sur le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance (pdf, 2,24 Mo)
Une interview de Michèle Tabarot est également consultable en ligne actuellement sur le monde.fr.
Sources : La gazette des communes
La FNEJE Haute-Garonne prépare pour octobre 2008 une journée de conférences et de débats dont le sujet portera sur l’éveil culturel et artistique en direction du jeune enfant et de sa famille. Des associations locales et des artistes nous ferons part de leur expérience.
Nous souhaitons faire témoigner aussi des EJE qui travailleraient dans un lieu d’accueil où le projet d’établissement s’articule avec des propositions d’éveil culturel et artistique et en fait un des axes principaux.
Si vous travaillez dans le secteur associatif en Midi-Pyrénées ou si vous connaissez une initiative dans ce secteur correspondant à notre recherche contactez-nous. Nous souhaitons que cette journée soit un temps de rencontre et d’échanges, c’est pourquoi dès à présent nous pouvons en discuter.
D’avance nous vous remercions de votre participation et nous restons à votre disposition pour toutes informations complémentaires.
Bonjour à tous,
Une information intéressante vient de paraître sur le site des ASH : la création d'un Diplôme Universitaire intitulé "Nouvelles parentalités, nouvelles pratiques : évolution des pratiques d'accompagnement et de soin" qui vise à "former des professionnels capables d'assurer une polyvalence pour faire face aux nouveaux enjeux sociaux et aux transformations des réalités familiales et sociales
".
A la lecture de cet article, je me suis d'abord réjouie de l'existence d'une formation d'un an sur l'accompagnement à la parentalité, mission hautement complexe des travailleurs sociaux et des soignants. Cette question fait déjà partie intégrante de notre formation d'EJE et nous savons qu'il est essentiel de s'y arrêter un moment, pour accompagner l'enfant et sa famille avec le plus de justesse possible. Réfléchir sur ce thème en le confrontant aux problématiques rencontrées dans le champs médico-social, grâce à des regards pluridisciplinaires, me paraissait répondre à un réel besoin.
Mais en lisant le contenu de la plaquette de présentation mise en ligne sur le site de la Faculté de Médecine de Brest, quelle déception de ne pas voir figurer la profession d'EJE citée dans le public visé ! Ni d'autres professionnels de la petite enfance telle que nos collègues puéricultrices d'ailleurs... Pas de petite enfance du tout en fait ! Le comble !
Alors comme ça les d'EJE ne seraient pas concernés par cette formation destinée aux institutions et professionnels spécialisés ? Et les CAMSP, les hôpitaux de jour, les services de pédo-psychiatrie, les CDEF, les IME, les pouponnières, les centres maternels, les CHRS... ? Ne sont-ils pas autant de lieux où les EJE exercent leur métier en complémentarité avec les autres professions sociales et soignantes ?
J'ose espérer que les responsables pédagogiques de ce DU n'ont fait là qu'un simple oubli. Mais j'avoue être agacée de constater qu'en 2008 on propose des formations sur la parentalité et que les EJE n'y sont pas conviés... et donc quelque part, non reconnus comme des travailleurs sociaux. Et je ne parlerai même pas de la reconnaissance du champs de la petite enfance « ordinaire » qui n'est pas cité comme l'un des lieux d'intervention clé en matière de parentalité, contrairement à l'école qui fait l'objet de tout un module...
Je profite donc de cette brève pour rappeler aux matelots de Passerelles-EJE, qu'il existe sur notre site de nombreuses discussions sur les champs d'intervention cités plus haut, même s'ils sont en minorité. N'hésitez pas à les enrichir de vos témoignages et de vos questionnements. C'est aussi grâce à vous que les représentations sur notre métier peuvent changer...
Sources : ASH, Faculté de médecine de Brest
Pasde0deconduite demande l’abrogation du décret créant le fichier "Edvige" qui non seulement ouvre la voie à la mise en fiche généralisée des mineurs de 13 ans mais encore instaure une surveillance très étendue des citoyens contradictoire avec un Etat de droit.
Lire la suite du communiqué Pasde0deconduite du 14 juillet 2008 (format .pdf 81 Ko)
Bonjour à tous,
Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux.Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.
Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org
Source : http://nonaedvige.ras.eu.org/
Bonjour à tous,
Le site de l'Assemblée Nationale a mis en ligne un projet de loi présenté par les députés MM. Jean-François LAMOUR, Patrick BEAUDOUIN,Philippe GOUJON, Claude GOASGUEN, Bernard DEBRÉet Mme Martine AURILLAC.
Dans leur exposé, les députés parlent des constats suivants : la France a un des plus hauts taux de natalité en Europe mais manque de places de garde pour les enfants de moins de 3 ans malgré le plan Petite Enfance de 2006.
Ils nous apprennent que le droit opposable au mode de garde annoncé par le ministre Xavier Bertrand pour 2012 et voulu par le président de la République fera l'oblet d'un projet de loi début 2009.
Afin de soutenir le développement de modes de garde dès maintenant, ce groupe de députés propose un certain nombre de proposition afin de "dynamiser ce secteur et en particulier celui des crèches d’entreprises qui connaît un véritable essor"
. L'objectif est clairement indiqué : il s'agit donc de donner un coup de pouce supplémentaire aux structures privées qui se développent depuis quelques années.
"Cette concertation doit dégager des propositions pour pallier le nombre insuffisant de coordinateurs diplômés dans les structures de la petite enfance, en particulier ceux relevant de la catégorie 1 (auxiliaires de puériculture, puéricultrices, infirmières)."On notera l'absence d'indication des éducateurs de jeunes enfants dans la liste des professionnels. La mobilisation sera donc encore nécessaire pour ne pas se faire oublier au sein de cette concertation si ce projet de loi est validé.
Nous attendions un rapport parlementaire au cours du mois de juin, nous trouvons un projet de loi au début de mois de juillet.
Hélas, ce projet n'est là que pour favoriser les entreprises de crèches et non l'ensemble des types de structures existantes. Alors que les structures associatives doivent s'en sortir avec de moins en moins de contrats aidés et une nouvelle convention collective à appliquer sans aides budgétaires, ce projet de loi vient seulement favoriser le secteur lucratif de la Petite Enfance. Or, pour répondre aux besoins des familles, il s'agit de développer l'ensemble des possibilités de garde pour créer un panel le plus large possible face aux multiples rythmes de travail que les parents rencontrent (temps complet, temps partiel, horaires décalés, horaires de nuit, semaine, week-end...) et non un seul secteur comme le prévoit ce projet de loi.
En savoir plus: N° 1016 - PROPOSITION DE LOI visant à diversifier l’offre de garde d’enfants
Une étude, réalisée en 2007 à Grenoble auprès de mille familles, permet, pour la première fois, de répondre précisément à ces questions. Et ses conclusions sont claires : les mères qui obtiennent une place en crèche se maintiennent plus facilement dans le monde du travail et elles portent un regard plus confiant sur leur enfant.
Réalisée par Eric Maurin, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, et Delphine Roy, doctorante, l'étude compare, au moment de l'inscription à l'école maternelle, les familles qui ont obtenu une place en crèche à celles qui se sont vu opposer un refus. "Au moment de la naissance du bébé, ces familles avaient des besoins et des attentes semblables en termes de travail et de garde d'enfants puisqu'elles se sont dirigées vers le même mode de garde, souligne Eric Maurin. En les comparant trois ans plus tard, nous pouvons mesurer l'impact de l'obtention d'une place en crèche."
L'étude, consultable sur le site du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), porte sur les familles ayant inscrit leur enfant à l'école maternelle, à Grenoble, en 2007. Trois ans auparavant, certaines avaient demandé une place en crèche : les deux tiers l'avaient obtenue, les autres s'étaient débrouillées avec d'autres modes de garde.
Parmi ces dernières, la plupart (40 %) avaient finalement opté pour une assistante maternelle, mais beaucoup (28 %), surtout dans les milieux défavorisés, avaient été obligées de garder elles-mêmes leur enfant. "Dans les milieux modestes, la crèche est le seul mode de garde payant réellement accessible", explique l'étude.
A Grenoble comme ailleurs, la naissance d'un enfant pèse lourdement sur la carrière des femmes : au cours des trois années qui suivent l'arrivée d'un bébé, le taux d'emploi des mères chute de 75 % à 60 %. Mais cette baisse est nettement plus prononcée chez les femmes qui n'ont pas obtenu de place en crèche : le recul de leur taux d'emploi est deux fois plus important que celui des autres. "L'amélioration très nette du taux d'emploi des mères dont l'enfant est pris en crèche repose tout autant sur un maintien plus fréquent dans l'emploi à temps complet que sur une meilleure progression de leur emploi à temps partiel", souligne l'étude.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette amélioration de la trajectoire professionnelle n'est pas réservée aux femmes les plus diplômées : elle bénéficie à toutes les femmes qui ont obtenu une place en crèche, quels que soient leur diplôme, leur niveau de qualification ou leur nombre d'enfants. "L'effet très positif de l'obtention d'une place en crèche est exactement le même, que l'on raisonne ou non à nombre d'enfants et diplôme de la mère fixés", note l'étude.
Les parents qui ont obtenu une place en crèche portent en outre un regard nettement plus positif sur leur enfant. Interrogés sur le langage, la sociabilité, le retard ou l'adaptation à la maternelle, ils se montrent plus confiants que les autres parents : 26,1 % des familles dont l'enfant était en crèche déclarent n'avoir "aucun souci" dans aucun domaine contre à peine 18 % des autres familles.
La crèche semble donc apaiser les inquiétudes des parents, qui sont en général plus marquées dans les milieux faiblement diplômés ou lorsqu'il s'agit du premier enfant. "Etre acceptées en crèche permet aux femmes faiblement diplômées d'accéder à peu près au même niveau de sérénité vis-à-vis de leur enfant que les mères très diplômées dont la demande a été refusée, résument Eric Maurin et Delphine Roy. Et elle diminue le niveau de souci vis-à-vis du développement de l'enfant à peu près dans la même mesure que le fait d'avoir déjà eu un enfant."
Anne Chemin
Article paru dans l'édition du 15.06.08.
Source : le Monde.fr
paru le vendredi 20 juin 2008 sur France24
A l'heure où Nicolas Sarkozy lance son plan banlieue, zoom en banlieue parisienne sur une crèche pas comme les autres. Reportage à Chanteloup-les-Vignes de Sylvain Rousseau.
Pour retrouvez la vidéo du reportage, allez sur le site de France24 | "Baby Loup", une crèche pas comme les autres.
Droit d'accueil du jeune enfant : double exigence